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samedi 30 janvier 2010

Deux semaines à Phnom-Penh

Cela fait donc deux semaines aujourd’hui que notre petite famille est à Phnom-Penh. Deux semaines seulement, mais nous avons déjà pris quelques repères.
Nous avons inscrit Léo à une maternelle française, Tchou-tchou. Il s’agit d’une part qu’il ne soit pas toute la journée dans nos pattes, et d’autre part qu’il sache qu’il existe une vie en-dehors de la maison et qu’il soit avec d’autres enfants. L’avantage aussi est qu’il est obligé de parler français, puisque personne ne parle chinois.
Il a un peu de mal à se faire comprendre de ses maîtresses, mais il a fait des progrès notables en français, et le chinois n’est plus forcément sa langue automatique quand il s’exprime (ce qu’il fait sans discontinuer). Je suis sûr qu’il apprendra le cambodgien, mais pour l’instant, tout ce qu’il sait dire dans cette langue, c’est « âkun » (merci).
Nous avons loué un petit appartement de deux pièces sur la rive est du fleuve. C’est un appart-hôtel, et le loyer (300 dollars par mois) est relativement modéré, mais le choix n’est pas très judicieux : nous sommes un peu loin de tout (il faut prendre un bac pour se rendre en ville, ou faire un large détour par le pont japonais), et l’éloignement par rapport à l’école du petit monstre fait exploser notre budget transports. Nous chercherons probablement un autre nid une fois le contrat de location en cours (deux mois) arrivé à son terme.
Le lieu où nous habitons a cependant l’avantage d’être situé à une dizaine de minutes à pieds de « Kids Cool », petit parc d’attraction pour les enfants à partir de 18 mois, que Léo a adopté dès sa première visite. Immense toboggan qui atterrit dans un petit bassin dont le garnement a fait sa piscine, petit terrain de foot sur gazon synthétique, mur d’escalade, salles de jeux diverses... Il y a une foule d’animatrices et d’animateurs qui s’occupent des enfants et les parents peuvent se relaxer. Il y a même un accès Internet par wifi ! Dix dollars par enfant pour la journée, gratuit pour les parents accompagnants leurs bambins. Dimanche dernier, après cinq heures de jeux divers et variés, Léo ne voulait toujours pas rentrer à la maison. Nous prévoyons de renouveler l’expérience aujourd’hui.
En attendant la suite de nos aventures, voici une petite photo de l’une des toutes premières créations artistiques dudit petit monstre, réalisée sous la direction d’une animatrice de Kids Cool...

lundi 27 avril 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Episode 26 – Pain frais à Phnom-Penh

De retour de Kampot, j’ai encore trois jours à passer à Phnom-Penh avant de rentrer sur Shanghai. Je choisis pour ces trois derniers jours de ne pas changer de quartier, mais d’essayer un nouvel hôtel. Je vois une bonne critique dans le Lonley Planet sur l’hôtel Goldiana, rue 282. J’aurais dû être plus circonspect : une fois de plus, ce guide qui fait « autorité » est bien indulgent avec cet établissement, à moins que ce soit mon édition qui est trop ancienne ? Toujours est-il que le prix (42 dols) me semble bien élevé pour les chambres vieillies aux sanitaires qui mériteraient d’être rénovés. Cela dit, la connexion Internet fonctionne bien et la terrasse en plein air du dernier étage, très agréable, offre une vue superbe sur la capitale. Le Goldiana a apparemment un excellent business avec les ONG, dont les membres bénéficient d’un tarif préférentiel. Mais j’aurais tout de même dû retourner à l’Amber Villa...
Autre point positif du Goldiana : l’hôtel est situé à deux pas d’un restaurant que je découvre, le « Comme à la maison – Delicatessen ».
C’est un peu par hasard que, le matin du dimanche de mon départ, trop paresseux pour prendre un tuk-tuk et aller déguster une plâtrée de nouilles sautées aux fruits de mer au marché central, et cherchant au hasard un endroit pour petit-déjeuner (car j’ai oublié de vous dire que le buffet du petit-déjeuner du Goldiana est assez infect), je tombe sur cet établissement situé rue 57, un peu au sud de l’embranchement avec la rue 282.
J’avais lu une critique dithyrambique sur ce restaurant qui, disait je ne sais plus quel guide, « sert le meilleur petit-déjeuner français de Phnom-Penh ». Je rentre dans le jardin qui sert de salle, et c’est effectivement bondé. J’ai la chance de trouver une table libre, et je m’y installe d’autorité, le personnel de service étant trop occupé pour m’accueillir. Je choisis des oeufs brouillés aux lardons et au fromage, un café et un jus d’orange... et je me régale. Les oeufs brouillés sont parfaits, et le pain... un délice. À tel point que je décide, après avoir hésité deux douzièmes de seconde, de prendre dans la foulée un deuxième petit déjeuner : re-café, re-jus d’orange, et tartines avec beurre et confiture. Je remarque d’ailleurs un va-et-vient régulier d’expats qui viennent ici acheter leur(s) baguette(s).
La clientèle est composée de nombreux Occidentaux, mais aussi de Cambodgiens aisés qui semblent avoir fait du lieu leur établissement de prédilection pour le petit-déjeuner dominical.
Je jette un coup d’oeil à la carte du déjeuner et du dîner, et vois les noms de plusieurs plats qui me tentent (pâtes fraîches, viandes, pâtisseries...). (La carte du « Comme à la maison – Delicatessen » est disponible au téléchargement à cette adresse.)
Lorsque je reviendrai à Phnom-Penh en famille, je ne manquerai pas de m’arrêter ici prendre un petit déjeuner pantagruélique avec Emilie et le petit Léo, le grand Adrien et la délicieuse Benjamine. Et si un jour nous nous installons au Royaume du Cambodge, il n’est à pas douter que ce lieu hautement dangereux pour la surcharge pondérale, deviendra pour nous aussi notre choix prioritaire pour nos petit-déjeuners dominicaux.

mardi 17 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, épisode 13 – Route Nationale 5, première partie


La route nationale 5 est la route qui conduit de Phnom-Penh à Battambang, Sisphon et Poipet, en passant par Kampong Chhnang et Pursat, au sud du Tonlé Sap.
Si vous ne connaissez pas le Cambodge, ne vous laissez surtout pas impressionner par l’appellation de « route nationale » ! Il s’agit dans le meilleur des cas d’une route goudronnée avec un nombre limité de nids-de-poule, sur laquelle les camions côtoient allègrement les motoculteurs attelés transformés en autocars découverts (et du coup naturellement climatisés), les chars à boeufs, les enfants rentrant de l’école à vélo ou à pied, les motos, les voitures de tous genres, et bien entendu les cars qui se frôlent à toute allure, allant d’une ville à l’autre, en s’arrêtant dans tous les bourgs pour laisser monter et descendre des passagers.



















Char à boeufs sur la RN5


Des autocars eux-mêmes, on peut dire qu’ils sont une illustration parfaite de l’art asiatique de la reconversion : les trois que j’ai pris de Phnom-Penh à Battambang et retour, puis quelques jours plus tard de Phnom-Penh à Kampot, étaient des cars mis à la retraite par des compagnies de transport taïwanaises. En témoignaient les mentions écrites en chinois traditionnel qui avaient été amoureusement laissées en place par les heureux nouveaux propriétaires cambodgiens, mentions à côté, au-dessus ou au-dessous desquelles avaient été ajoutées diverses mentions en khmer : le nom de la compagnie cambodgienne de transport sur la vitre avant, les injonctions faites au passager de ne pas fumer au-dessus de la place du chauffeur...
Cependant, ont été remplacés les très confortables sièges en cuir, à une large place, avec écouteurs intégrés (« Nous utilisons les sièges de première classe des compagnies aérienne », disaient les publicités taïwanaises), sur lesquels je me suis parfois confortablement installé lorsque je voyageais, à Taiwan, de Taipei à Chunan et vice-versa. Ces fauteuils quasi-présidentiels ont cédé la place à des banquettes, à deux places minuscules, recouvertes d’un tissu à la couleur indéfinissable et d’un confort somme toute assez spartiate. Heureusement, de Battambang à Phnom-Penh, Edvin (le patron de la guesthouse Vilkommen) avait pris le soin de me réserver le siège numéro 1, à l’étage, qui m’offrait une vue imprenable sur la route... Heureusement encore, le bus n’étant pas bondé, loin s’en faut, aussi eus-je la jouissance sans partage des deux places de la banquette. Seul « inconvénient » : la position avancée de la banquette ne me permettait pas de jouir du spectacle des clips vidéo de chansons cambodgiennes romantiques qui étaient projetés sur le téléviseur rustique aménagé à l’avant du bus pour l’entertainment des passagers. Elle me permettait en revanche de ne rien manquer de la médiocrité du système sonore ! (C’est dans ces moments-là que l’on trouve que, finalement, le balladeur MP3 est une invention magnifique.)

Mais parlons donc du périple en lui-même...
En novembre 2008 déjà, j’avais fait l’expérience de la conduite intrépide des chauffeurs de cars cambodgiens, lorsque j’avais voyagé avec ma belle et douce Emilie de Phnom-Penh à Siemréap. Malgré cela, cette fois-ci encore, à chaque fois que nous frôlions à gauche un bus ou un camion allant dans le sens inverse, ou à droite un char à boeufs, un vélo, un pick-up poussif ou un motoculteur que nous dépassions, l’adrénaline faisait son oeuvre ! Et je me demande encore comment, à la vitesse où nous allions et avec l’étroitesse relative de la route nationale 5, nous n’avons pas eu d’accident !
Cette nationale n’est pas la pire route du Cambodge, mais, au moins entre Phnom-Penh et Pursat, c’est loin d’être la meilleure. Le macadam est parfois de qualité hésitante : il est artistiquement agrémenté de trous et d’ornières, les ponts sont malicieusement délimités d’un côté et de l’autre de bourrelets de bithume qui font la liaison entre le tablier et la chaussée et qui mettent à rude épreuve les systèmes de suspension des véhicules, et j’ai bien peur que les pluies de la saison humide n’aient pris le pli de rogner un peu chaque année sur les bords du revêtement qui recouvre la route : sur certaines portions, lorsque nous croisions un bus ou un camion faisant le trajet dans le sens inverse, notre chauffeur était contraint de se déporter sur sa droite pour conserver un intervalle de frôlement suffisant, et il lui est arrivé à deux ou trois reprises de mordre sur la latérite en bordure de route, soulevant dans son sillage des nuages de poussière rouge.

samedi 7 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, épisode 12 – Phnom-Penh – Les Khmers Rouges et la France

Ma note d’hôtel payée, je me prépare en ce matin du lundi 26 janvier, à prendre le bus pour Battambang. La veille, Edvin, le propriétaire de la Velkommen, a acheté pour moi le billet de bus. La station de bus étant à peine à une cinquantaine de mètres de la guesthouse, c’est à pied que je quitte mon logis, et que je m’enquiers, au bureau de la compagnie de bus, de l’endroit où rejoindre l’autocar. Une vingtaine de mètres plus loin, je confie ma valise à un employé de la compagnie qui la range dans le coffre à bagages du car, et je m’appuie contre une balustrade, pour fumer quelques cigarettes en observant la circulation sur le quai Sisowath et en attendant l’heure du départ.
Un Cambodgien d’une quarantaine d’années attend aussi, et comme il m’a entendu parlé khmer avec l’employé de la compagnie de bus, il engage la conversation. Il est de Siemréap, où il est chauffeur de tuk-tuk (ou de taxi, selon les circonstances), et aime faire du tourisme au Cambodge. Il est venu à Phnom-Penh en prenant la route qui passe au Nord du Tonlé Sap, et repart chez lui en empruntant la route du Sud. Il en profitera pour visiter Battambang qu’il ne connaît pas, voire pour pousser jusqu’à Pailin, s’il trouve un moyen de transport en arrivant. Il m’explique en souriant qu’il a quelques problèmes avec son épouse, qui visiblement n’apprécie pas vraiment son goût pour les voyages... et pour la bouteille, et préfèrerait le voir à Siemréap à gagner un peu plus d’argent.
Après s’être enquis de ma nationalité, il se lance immédiatement dans un petit discours d’introduction qui m’inquiète un peu, car je sens bien qu’il va vouloir se lancer sur un sujet-piège :
- Moi, tu vois, je ne connais pas grand chose, je viens de la province, et puis je ne suis jamais allé à l’étranger, et je n’ai pas fais beaucoup d’études. Mais toi qui est français et qui a beaucoup voyagé, il y a une question que je voudrais te poser, parce que, vraiment, cela m’intrigue, me dit-il.
- Euh... oui, enfin, je ne sais pas si je pourrai répondre à ta question, mais je le ferai volontiers, si je connais la réponse, lui dis-je, prudemment, en guise de réponse. Je m’attends au pire.
- Et bien voilà, je voudrais bien que tu m’expliques ceci : Pol Pot et compagnie, ils ont tous fait des études en France, tu sais ? A ton avis, qu'est-ce qu’on leur a fait en France, pourquoi sont-ils devenus des Khmers Rouges à leur retour ?
Je me doutais que la petite démonstration de modestie qu’il m’avait en servie en guise d’introduction ne valait rien qui vaille, mais là, je suis un peu pris au dépourvu. Mes neurones se mettent immédiatement à chauffer. Que répondre à cela ? Heureusement que j’ai lu un peu sur le sujet, et que je peux sans trop de difficultés rejeter la responsabilité idéologique du crime génocidaire des maoïstes khmers sur le parti communiste chinois, même si je sais bien que les pays occidentaux, dont la France, ont une part énorme de responsabilité dans l’affaire :
- Euh, oui, tu as raison, Pol Pot a étudié en France et c’est en France qu’il a été initié au communisme, je crois que c’est surtout l’influence chinoise qui a pris le dessus chez les Khmers Rouges.
- Mais vous avez de Communistes, chez vous, non ? insiste-t-il.
- Oui, oui, il y a un parti communiste en France, mais il n’a pas beaucoup de pouvoir chez nous.
- Et le régime communise n’a pas posé de problème en France ? Les communistes n’ont tué personne chez vous ?
- Non, non, nous n’avons pas eu de régime communiste, nous avons seulement un parti communiste, et les communistes français n’ont tué personne.
A son regard, je comprends qu’apparemment j’ai donné des arguments qui suffisent, car il n’insiste pas plus.
Pour continuer sur le sujet des Khmers Rouges, il m’explique tout de même :
- Tu sais, moi je crois que si les Khmers Rouges étaient restés un an de plus au pouvoir, ils auraient fini par tuer tout le monde. Ils s’entretuaient même entre eux. Il n’y aurait plus eu qu’un pays vide, plus que la terre cambodgienne, mais plus de peuple cambodgien...
Il continue en me racontant qu’à l’époque khmère rouge, il n'y avait plus rien, même plus de médicaments. Pour se soigner, les gens devaient avoir recours aux plantes, ou, pire encore, aux brûlures.
Aux brûlures ? Là, le vocabulaire me manque, j’ai un peu de mal à le comprendre, jusqu’à ce qu’il soulève la jambe de son pantelon, puis son T-shirt, pour me montrer les petites cicatrices rondes qu’il a un peu partout sur les jambes, sur le ventre, dans le dos, qui ressemblent à des brûlures de cigarettes.
Je comprends qu’il s’agit là de cicatrices laissés par la moxibustion, l’une des composantes de la médecine traditionnelle chinoise, qui consiste à faire brûler sur les points d’acupunture de petits dés d’armoise. Visiblement, il conserve un souvenir amer de cette thérapie-là.
Et je me dis qu’il serait peut-être utile qu’un jour quelqu’un étudie de près l’action de la Chine et des Chinois pendant les années 70 au Cambodge. Mais je doute que l’on puisse avoir accès aux archives du gouvernement chinois sur le sujet ! Y a-t-il des archives khmères rouges sur le sujet ?
Notre conversation est finalement interrompue par le chauffeur du bus qui klaxonne pour inviter aux voyageurs en partance pour Battambang à monter dans le car.
Je monte au premier étage pour prendre ma place sur le siège no. 1, à l’avant du car, siège à partir duquel j’ai une vue dégagée sur la route, je me visse les écouteurs de mon lecteur MP3 sur les oreilles, et je commence à somnoler vaguement en me dirigeant vers la route nationale qui va me conduire à Battambang.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 2, épisode 11 – Gold Fish River

Parmi les restaurants dans lesquels je me régale à chaque fois que je viens à Phnom-Penh, celui que j’ai fréquenté le plus grand nombre de fois est sans aucun doute le Gold Fish River (Tonlé Trey Mies, ou, si vous préférez, 金鱼河). Il s’agit d’un restaurant qui s’est installé sur le bord du Mékong, et l’on a une vue sur le fleuve si l’on a la chance d’être assis près de la balustrade.
Ce restaurant possède une carte impressionnante, et propose de la cuisine cambodgienne, thaïe et chinoise. Parmi mes plats préférés, citons par exemple la salade de fleurs de bananiers au poulet, les travers de porc grillés, les soupes, les amoks, les coques sautées... Vous y trouverez aussi, si vous êtes amateur, des « river lobsters » (littéralement, homards de fleuve). Plutôt que de homards, il s’agit en fait d’énormes crevettes, qui valent leur pesant d’or !
Pas de problème pour commander : la carte est en khmer, chinois et anglais.
Normalement, il suffit de donner le nom au chauffeur de tuk-tuk, il devrait connaître le restaurant sans problème. Sinon, dites simplement qu’il est sur le bord du fleuve (noev moat tonlé), près du vieux marché (psa chas), l’explication devrait suffire.

dimanche 1 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 10 – Phnom-Penh – Musée National


Parmi le petit nombre de sites touristiques qui valent d’être mentionnées à Phnom-Penh, se trouve le Musée National, sans la visite duquel une visite de la capitale khmère ne saurait être complète. Ce musée fait aussi partie des endroits que je me fais un devoir de parcourir à chaque fois que j’ai le plaisir de venir.
Parmi les objets exposés, valent d’être mentionnés les bronzes qui sont visibles dans la première salle, juste à gauche de l’entrée. J’ai encore à l’esprit, par exemple, l’image d’un magnifique taureau de Shiva. D’autres statuettes en bronze ne manqueront certainement pas de vous séduire par leur finesse.
La statuaire en pierre est également superbe. On doit mentionner bien sûr l'inégalable statue de Jayavarman VII, assis, les yeux fermés, dont le visage dégage une très grande sérénité. Vous pourrez acheter partout des reproductions de toutes tailles et dans toutes les matières de la tête de cette statue.
On retrouve aussi les représentations de quelques-unes des dinivités fantastiques du panthéon hindouiste : Ganesha, Harihara, Vishnu, ainsi qu’un nombre impressionnant de divinités zoomorphes. N’étant pas du tout spécialiste des religions d'Asie, plus que les personnages eux-mêmes, ce qui m’a le plus parlé, c’est l’esthétique de la statuaire, et en particulier le déhanché de certains presonnages, qui m’a semblé assez troublant. Signalons aussi la belle collection de lingas, et celle d’objets tels que : armes, blagues à tabac, cuillères à riz, crachoirs, nécessaires à bétel, bijoux...
Des expositions provisoires sont également organisées. J’ai trouvé très intéressante l’exposition de livres et d’illustrations anciens, datant de l’époque de la colonisation, sur l’Indochine, qui était visible au moment de mon séjour dans la ville.
Le Musée est également doté d’une cour intérieure carrée, bien aérée, dans laquelle il est fort agréable de se reposer un peu, au bord de l'un des bassins. Le bâtiment lui-même est magnifique ! On peut regretter cependant un peu que le jardin qui entoure le bâtiment ne soit pas mieux entretenu.
De plus, même si ce musée contient de nombreux objets de très grand intérêt, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est un peu insuffisant, et que l’extraordinaire culture khmère mériterait largement un musée plus grand, mieux entretenu, plus beau...
Deux autres petites remarques négatives, enfin : je trouve assez déagréable d’être sollicité avec insistance pour faire des offrandes à certaines statues, d’autant plus que les personnes qui, avec un grand sourire et l’apparence de la plus grande gentillesse, vous tendent les fleurs à offrir, attendent que vous ayez accepté les fleurs si « gentiment » tendues pour vous faire comprendre en désignant de la main l'assiette placée devant la statue, qu’un don d’argent est attendu ! Je trouve aussi dommage qu’il ne soit pas permis de prendre les objets en photo. J’espère que ce n’est pas seulement pour faire mieux vendre les livres (de qualité assez inégale d’ailleurs) qui sont proposés dans la boutique qui se trouve à droite de l’entrée !
Enfin, si l’art khmer vous a séduit, vous pourrez aussi dépenser quelques dollars dans l’une des boutiques qui s’alignent dans la rue qui borde le musée au nord (n’hésitez surtout pas à marchander). Les peintures en vente dans ces boutiques ont apparemment été peintes par les étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts qui borde le musée à l’ouest.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 9 – Phnom Penh – Friends, le restaurant

(Je sais, j’ai déjà consacré un petit article au restaurant Friends, publié sur ce blog le 3 janvier dernier... Mais c’est sans remords aucun que je récidive !)

Et comme c’est l’un de mes restaurants préférés à Phnom-Penh, c’est tout naturellement que j’ai choisi d’y prendre mon premier déjeuner cambodgien, ce 24 janvier.

Comme j'arrivais juste à l’heure du repas, le restaurant était bondé, et j’ai dû attendre une dizaine de minutes qu’une table se libère à l’extérieur (l’intérieur du restaurant est non-fumeur, et comme je suis un fumeur invétéré...). Je connaissais déjà la toute petite terrasse, qui ne compte tout au plus que cinq ou six tables de deux, à l’entrée du restaurant, et cette fois j’ai découvert avec plaisir celle, plus aérée, qui se trouve dans l’arrière-cour, à l’abri du bruit et de l’agitation de la rue. La table à droite de la mienne était occupée par trois Italiens, et un groupe de touristes français d’une douzaine de personnes avait investi la partie gauche de la terrasse.

Explorant la carte (qui s’orne régulièrement de plats de saison), j’ai voulu cette fois goûter un plat végétarien, et mon choix s’est porté sur l’houmos à la tomate séchée, dont je vous laisse admirer une photo ci-dessous. Une cuillerée d’houmos est déposée sur une une galette légère, et surmontée d’une demie tomate-cerise et d’une feuille de basilic. Un délice !















Etant cependant un carnassier incorrigible, j’ai tout de même tenu à avoir ma ration de protéines animales, qui se sont présentées cette fois-ci sous la forme de brochettes de filets de poisson. Arrosées d’une filet de jus de citron... yummy, yummy ! Et pour ce qui est de l’élément « sustentateur », si j’ose dire, je ne regrette pas d'avoir été attiré par le riz sauté aux champignons.
















... Et tout cela, bien sûr, servi avec le sourire par les jeunes de l’association Friends International, qui forme les enfants de la rue, entre autres aux métiers de la restauration.

Je rappelle pour ceux qui l’auraient oublié que Friends, le restaurant, se trouve au numéro 215 de la rue 13, à deux pas à peine du Musée National. C’est donc le choix idéal pour se nourrir le corps après s’être nourri l’esprit, tout en faisant sa BA quotidienne !

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 8 – Velkommen Inn

Cherchant sur Internet un endroit différent où me loger à Phnom-Penh avant de partir à Battambang, je me suis laissé tenter par une guesthouse située rue 104, tout près du Wat Phnom, la Velkommen Inn. Mon choix a été motivé d’une part par le fait que cette guesthouse était gérée par un européen (un Suédois, pour être exact), et surtout par le fait que les chambres sont équipées d’un coffre-fort (je suis de nature un peu anxieuse...).
Les chambres sont propres, le personnel (une petite équipe de trois ou quatre Cambodgiennes, sous la direction d’Edvin, le patron suédois) est très sympathique ! J’ai découvert en arrivant que, ô bonheur !, la rue 104 est située à deux pas de l’un de mes restaurants préférés à Phnom-Penh, le « Tonlé Trey Mies », ou Golden Fish River en anglais, ou encore 金鱼河 en chinois, qui donne sur le Mékong.
Et pour ceux qui aiment sortir prendre un verre, il convient aussi de préciser que la toute petite rue 104 est l’une des rues peuplées de bars de Phnom-Penh : sur les cinquante mètres de long que doit faire la rue, s'aligne une bonne douzaine de bars (tels que le 104, le Night Owl, le Roses, pour n’en citer que trois).
Seule petite ombre au tableau : la guesthouse pas d’accès Internet pour l’instant. C’est la seule raison qui m’a poussé à changer de lieu de résidence à mon retour de Battambang.
(adresse : no. 23, rue 104 – tél. : 092-177710 – email : inninpp@yahoo.com)

samedi 31 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 7 – Tuol Sleng, Phnom-Penh

J’ai un peu hésité avant d’écrire cet article-ci. En effet, je ne suis pas de taille à traiter un sujet comme ça, tout ce que je pourrai dire au sujet de Tuol Sleng ne sera pas à la mesure de ce que je ressens lorsque je visite ce lieu, et pourra sembler futile comparativement au lieu lui-même, ou bien léger par rapport, par exemple, au film S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh (voir une présentation de ce film ici).
Ce lieu, je l’ai visité à chaque fois que je suis venu à Phnom-Penh.
Je l’ai vu pour la première fois en 1992, à l’occasion de mon premier voyage au Cambodge, mais c’est ma deuxième visite, en février 2008, qui m’a le plus choqué. Peut-être est-ce parce que j’étais beaucoup moins jeune, ou peut-être encore est-ce parce que j’avais vu depuis le film de Rithy Panh, et que je peux mettre un visage sur certaines des personnes qui ont vécu ici ?
En fait, de ma première visite, je me rappelle surtout de cette carte du Cambodge dressée avec des ossements et des crânes humains. Cette carte n’est plus sur place, mais on peut encore en voir une photo. Cette représentation macabre du Cambodge m’avait déplu, car je croyais que c’était par trop « graphic », comme disent les Américains, trop « exhibitionniste », serais-je tenté de dire, et cela me semblait en outre marquer un manque de respect par rapport aux restes des personnes à qui ces ossements appartenaient, qui ont été torturées et tuées ici.
Tuol Sleng était donc le plus important centre d’interrogation des Khmers Rouges entre avril 1975 et janvier 1979. Quelque 17 000 personnes y ont été emprisonnées et torturées. Certaines sont mortes ici, la plupart ont été conduites dans la banlieue de Phnom-Penh, à Choeung Ek, pour y être assommées à coups de gourdin, puis égorgées, avant d’être jetées dans des fosses communes.
Il s’agit d'un ancien lycée, qui a été, dès la prise de contrôle de Phnom-Penh par les Vietnamiens début 1979, transformé en musée, pour témoigner des atrocités commises par la clique de Pol Pot.
Lorsque les soldats vietnamiens sont entrés dans Tuol Sleng, il y ont trouvé quatorze cadavres de prisonniers, que les gardiens n’avaient pas eu le temps de faire disparaître. Ces cadavres sont enterrés dans la cour de l’ancien lycée.













Tombes des prisonniers trouvés sur place à la libération de Phnom-Penh par les troupes vietnamiennes en janvier 1979.

Les salles du rez-de-chaussée du bâtiment A (le bâtiment le plus à gauche, lorsque l’on rentre) sont « ornées » de photos prises par les Vietnamiens à leur arrivée. Il s’agit des photos des prisonniers morts sous la torture, tels qu’ils ont été trouvés.













Photo ornant l'une des pièces du rez-de-chaussée du bâtiment A.

Mais ce qui me semble à moi le plus impressionnant, c’est cet alignement froid, sans vraiment de commentaire, des photos d’archive des prisonniers : homme, femmes, enfants, bébés... Les photos ont été prises au moment de l’incarcération, et on ne voit pas de traces de coups, ni de torture, mais on sait que toutes les personnes dont les photos s’alignent ici sont mortes (seuls quelques prisonniers, sept exactement, sont sortis vivants de cet enfer).






























Les objets exposés, vêtements de prisonniers, caisses de munition vides qui servaient aux prisonniers à se soulager, instruments de torture divers, notices biographiques de certains gardes ayant oeuvré ici, viennent en complément.Mais la seule visite du lieu ne permet pas d’appréhender l’horreur, de comprendre ce qui s’est passé ici. Le visionnage (préalable, de préférence) du film de Rithy Panh me semble constituer un complément indispensable à cette visite.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 6bis – Nouveau Marché (alias Marché Central)

En complément de l’épisode précédent...

Le restaurant dans lequel je déguste mes kuy tiev s’appelle le « Enjoy Restaurant ». Pour les gourmands, je signale aussi les nouilles (jaunes) sautées au porc et aux légumes (mii chha bânlaé kroup mouk satch chrouk). Avec un café glacé, vous n'en aurez que pour dix mille riels (2,5 USD).

Les travaux du nouveau marché entraîné le déplacement de certains stands surtout sur les côtés sud et nord (un peu moins sur l’Est, comme je le disais dans l’épisode précédent). Le côté nord est pratiquement impossible d’accès par les voitures.









Partie centrale de la structure en croix du Nouveau Marché



Une petite photo de l’embouteillage permanent sur la place du nouveau marché, prise du tuk-tuk qui m’emmène au Wat Phnom.

jeudi 29 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 6 – Kuy tiev

Le chauffeur de tuk-tuk ayant ajouté un litre d’essence (3500 riels, le prix de l’essence a sensiblement baissé depuis l’an dernier à la même époque, où il approchait les 4500 riels, me semble-t-il) dans son réservoir et moi-même étant revenu de mon erreur, je lui annonce aussi clairement que je peux un « Psar Thmey », en le précédant d’un « Som toh » (Sorry) !
Je suis rassuré sur ma prononciation khmère quand je vois se profiler au bout de la rue la structure jaune, de style art déco, du « Marché central ».
Une partie du marché semble en travaux, et de ce fait des stands ont été déménagés vers l’extérieur, ce qui réduit sensiblement la largeur de la rue qui longe le marché sur l’Est, et n’arrange pas la circulation autour du marché, qui est déjà problématique en temps normal. Je vois le chauffeur du tuk-tuk qui hésite, alors je lui précise que je veux aller à l’ouest du marché.
Je l’arrête au coin dont je reconnais la configuration : à gauche de la ruelle qui mène à l’Asia Hôtel en direction du boulevard Monivong, dans une rue en diagonale, se trouve la station d’essence dont je me souviens bien. Sauf que... le restaurant n’est pas là ! Il a été remplacé par une boutique de téléphonie mobile (une de plus !). J’ai un petit pincement au coeur : je ne pourrai donc pas vérifier si le kuy tiev ou le lok-lak ont bien le même goût que l’an dernier.
Et du coup, il faut que je trouve un autre endroit où me sustenter. Il y a bien le café « Sentiment », au coin de la rue 128 et du boulevard Monivong, j’y trouverai du café frais, mais certainement pas une soupe aux vermicelles de riz. Il me semble avoir repéré en arrivant un restaurant bombé qui semble servir mes plats préférés.
La sacoche de mon ordinateur à bout de bras, je commence à marcher, vers l’Est. C’est du moins ce que je crois jusqu’à ce que j’arrive au coin de la rue et que je vois un restaurant, avec à gauche une rue en diagonale, au bord de laquelle se trouve... une station service ! La ruelle que j’avais prise pour celle menant à l’Asie Hôtel est en fait la rue 67, et c’est bien le petit restaurant que je cherchais que j’ai devant moi. Mon hésitation est cependant excusable : les trottoirs ont été dégagés, et le restaurant a été refait : nouveau sol, nouveau comptoir installé au fond à droite, et le coin cuisine a été déplacé au fond à gauche.
Mais pas d’erreur possible, je reconnais l’un des serveurs, c’est bien le restaurant où j’ai pris pratiquement tous mes petits-déjeuners en février 2008. Je passe ma commande : « Kuy tiev satch chrouk neung kafé khmao teuk kâk » (Soupe de vermicelles de riz au porc et café noir glacé), et je me régale. J’ajoute à l’ensemble une couple de ces beignets chinois gras à souhait (油条 yóutiáo : littéralement « long et gras », dont je ne connais pas le nom en khmer). Je règle ma note et vais me déguster un bon café frais et profiter de la connexion WiFi gratuite du café « Sentiment ».Je retrouve mes marques...

mardi 27 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 5 – Marché central

Attention, lorsque vous êtes à Phnom-Penh, de ne pas confondre le Marché Central et le Marché Central ! Vous risqueriez sinon d'être perdu, comme cela m’est arrivé lors de mes premiers pas hors de ma guesthouse à Phnom-Penh !
Je m’explique : lors de mes deux premiers voyages à Phnom-Penh, j’avais à chaque fois logé dans la même rue, près du « Marché Central » (Central Market, dit mon Lonely Planet). Ce marché est devenu pour moi un peu un point de repère, et, ne sachant pas où, ce 24 janvier 2009, aller prendre mon premier petit-déjeuner phnom-penhois de l’année, je décide de m’éloigner de la rue 104 où je loge, pour aller prendre le petit-déjeuner dans le petit restaurant qui se trouve à l’angle de deux rues, dans le coin sud-ouest de la place où se trouve le marché central.
J’explique donc au chauffeur du tuk-tuk que je veux aller au Psar Kandal. Logique : « psar » signifie « marché », et « kandal », « central ». Nous voici donc partis, en direction du sud. Arrivés à la hauteur de la route de l’aéroport, le chauffeur bifurque vers la gauche, pour longer le quai Sisowath pendant deux cent mètres. Bon, me dis-je, il veut éviter les embouteillages.
Il reprend sur la droite, et nous arrivons à hauteur d’un marché lambda, le tuk-tuk tombe en panne d’essence, et mon chauffeur met pied à terre et se met à pousser son véhicule, moi juché dessus. Il pousse, pousse, pousse... puis finalement se retourne vers moi pour me demander : « Tu veux descendre où ? » Et c’est là que je me rends compte que je me suis trompé ! Nous sommes bien au Psar Kandal (« marché central »), mais le marché où se trouve mon petit restaurant ne se trouve pas là, mais au Psar Thmey (« nouveau marché »), qui se trouve un peu plus au Nord.Je ne sais pas qui a eu l’idée saugrenue d’appeler « marché central » le « nouveau marché », d’autant plus qu’il existe déjà à Phnom-Penh un marché central... Le Lonely Planet explique que c’est à cause de sa position « centrale », et à cause de son importance. Mouais, un peu tirée par les cheveux, l’explication : un rapide coup d’oeil à une carte de Phnom-Penh vous suffira pour voir que ce marché n’est vraiment au centre de la ville.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 4 – Pochentong

(Il paraît que l’aéroport de Pochentong —prononcer Peau-tjiène-tongue—, nom de la localité où se trouve l’aéroport, a été rebaptisé en « Aéroport International de Phnom-Penh », mais le nom de Pochentong colle encore à cet aéroport.)

Je descends les escaliers qui mènent à la salle où se trouvent le service des visas, l’immigration et les tourniquets à bagages, et vois stupéfait une foule compacte de Chinois amassés devant le comptoir du service des visas ! Je ne comprends pas : bien que les ressortissants chinois puissent, au Cambodge comme en Thaïlande, obtenir un visa à la descente de l’avion, ils doivent malgré tout avoir le visa sur leur passeport le départ, sinon l’immigration chinoise ne les laisse pas quitter le territoire. Il n’y a donc pas de raison pour qu’autant de Chinois soient là à faire la queue pour avoir leur visa à l’arrivée !
Il ne s’agit en fait pas d’un groupe de Chinois, mais d’un groupe de Coréens. C’est bien ma veine ! Leur avion devait avoir du retard, car lors de mes deux derniers voyages, j’avais pris ce même vol FM833, et le hall d’arrivée était vide.
Malgré tout, j’ai mon visa assez rapidement. C’est la queue à l’immigration qui est un peu longue.
J’ai lu à plusieurs reprises que les agents de l’immigration cambodgien demandaient souvent aux voyageurs de payer un petit « extra » de quelques dollars, en toute illégalité. Cela ne m’est arrivé à aucun des trois voyages que j’ai faits depuis l’an dernier. Mais il est vrai que au dernier voyage, au départ, l’agent qui contrôlait le passeport d’Emilie lui avait demandé deux dollars, auxquels il a renoncé en voyant qu’Emilie était avec moi. Cette « taxe » ne s’appliquerait-elle pas aux Occidentaux ?
Je récupère ma valise presque immédiatement, et me dirige vers la sortie, où le taxi qu’a réservé pour moi Elvin, le patron de la guesthouse Velkommen où je dois loger lors de mon séjour à Phnom-Penh, m’attends, avec à la main une feuille de papier où sont écrits à la main, en majuscules, les mots « Velkommen » et « Pascal ». Dix dollars, tarif de nuit, pour me conduite de l’aéroport à la rue 104, sur le bord du Mékong. C’est moins que ce j’ai payé en janvier 2008 (quand un chauffeur de tuk-tuk m’a soutiré pas moins de 15 dols), et que les 12 dollars que m’a facturés le Frangipani Villa en novembre 2008.Me voici donc au Cambodge, pour mon quatrième voyage, qui va durer une quinzaine de jours.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 3 – Shanghai-Pochentong

Après les consignes de sécurité habituelles délivrées par l’hôtesse, je commence à somnoler. Si je pouvais dormir jusqu’à Phnom-Penh, je ne verrais même pas passer les quatre heures que dure le vol...
L’hôtesse distribue les fiches de débarquement et les déclarations en douane. Voilà de quoi m’occuper pendant quelques minutes. Mes voisins chinois ont du mal à remplir leurs documents, qui sont en anglais et en khmer. Je les aide, et c’est le début d’une conversation assez intéressante, ma foi.
Ils sont en fait trois couples à voyager ensemble. Les hommes sont trois amis peintres. Ils semblent vivre assez bien de leur art, puisqu’ils voyagent fréquemment à l’étranger. Ils ne passeront qu’une nuit à Phnom-Penh, et partiront dès le lendemain matin pour Siemreap où ils prévoient de passer trois jours à visiter les temples, avant d’aller visiter Banteay Meanchey, où, me disent-ils, les paysages sont magnifiques. Banteay Meanchey... je n’y ai jamais pensé. Peut-être devrais-je raccourcir mon séjour à Battambang et renoncer à Kampong Chhnang ? Peu importe, Banteay Meanchey donnera l’un des prétextes au prochain voyage. Ils ne passeront que la dernière journée de leur voyage à Phnom-Penh. C’est vrai qu’une journée entière suffit bien, en pressant un peu le pas, pour visiter Tuol Sleng, le Musée national, le Palais Royal et la Pagode d’Argent, et le Wat Phnom
Nous bavardons un peu. En plus de peinture, monsieur Zhang Yi s’intéresse aussi aux meubles chinois anciens qu’il collectionne. Il partage ma préférence pour les meubles Ming, aux lignes élégantes, dépouillées, et trouve aussi que les meubles Qing ont un style beaucoup trop chargé.
Notre conversation est interrompue par l’arrivée des plateaux-repas. Je choisis le plat de riz, car je me souviens que les nouilles sont souvent assez infectes, sur Shanghai Airlines ! Mes voisins ont choisi les nouilles, et regrettent leur choix dès la première bouchée. Peut-être est-ce parce que j’ai faim, toujours est-il que je trouve que le riz au porc n’est pas aussi mauvais que je le craignais. Je dévore presque tout ce qu’il y a sur le plateau. 饥不择食 : celui qui a faim ne fait pas le difficile, dit le proverbe !
Les plateaux-repas débarrassés, monsieur Zhang me montre dans une revue un article sur Saint-Pétersbourg et sur le musée de l’Ermitage, qu’il a visité il y a un an ou deux. Il me dit que les collections de ce musée, qui a récupéré notamment des collections que s’étaient constituées les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, sont exceptionnelles. Peut-être irai-je en Russie, qui sait, lorsque je serai repu d’Asie Orientale... Autant dire que ce n’est pas pour demain, à moins que je n’aie l’occasion d’y aller dans le cadre d’un voyage professionnel ?
Nous parlons encore de musées. Je parle du Louvres, bien sûr, et du Musée d’Orsay, mais aussi du Musée de Taipei, qui est exceptionnel. Il me parle du Musée de la Cité Interdite, à Pékin, que je trouve pour ma part bien décevant : mal éclairé, mal entretenu, les objets ne sont pas mis en valeur... Je ne me souviens d’aucun objet du musée de la Cité Interdite, sauf peut-être vaguement de la collection d’horloges des derniers empereurs chinois, tandis que de celui de Taipei, je garde le souvenir du « morceau de porc » et du « chou chinois » en jade, où encore de la peinture Qingming shanghetu...
A mon humble avis, le seul musée de Chine continentale qui puisse se comparer, en qualité, à celui de Taipei est le Musée de Shanghai, dont les bronzes et les jades ont fait sur moi forte impression. Zhang, toujours à ses meubles, me signale que la collection de meubles du Musée de Shanghai est également intéressante. J’irai voir, la prochaine fois que j’aurais une matinée ou une après-midi de libre à Shanghai.
Notre conversation s’épuise.
Je m’endors finalement, pour me réveiller juste au moment où le commandant de bord annonce le début de la descente sur Phnom-Penh.
Comme d’habitude, l’atterrissage me fait un peu peur, et j’ai l’impression que l’avion se pose bien loin sur la piste, aura-t-il le temps de s’arrêter à temps ?
Au moment où l’avion s’arrête devant la porte de débarquement, Zhang et moi échangeons nos cartes de visite. Je l’invite à m’appeler la prochaine fois qu’il ira à Suzhou, lui m’invite à aller voir son atelier la prochaine fois que j’irai à Shanghai. Je le ferai probablement.Nous nous disons rapidement au revoir, et je me dirige au pas de course vers le comptoir des visas, en me disant que vu le petit nombre d’Occidentaux qui sont dans notre avion, je devrais pouvoir avoir mon visa en moins de dix minutes, et être dehors en moins de vingt...

mardi 20 janvier 2009

Un air de vacances...

Plus que deux jours avant le départ ! Samedi à cette heure-ci, je serai probablement en train de flâner dans les rues de Phnom-Penh (PP, comme disent les initiés), après un déjeuner sur le banc d’une échoppe du Marché Central.
A l’usine, la tension se relâche. Les commandes qui devaient partir sont parties, exception faite bien sûr des produits qui devaient être traités par notre machine ultra-moderne qui vient de tomber en panne et ne sera probablement pas réparée avant le nouvel an. Demain, pas d’équipe du soir, pas d’équipe de nuit non plus, bien entendu. La fermeture est prévue aux environs de 17 h.
Emilie et Léo sont déjà partis dimanche chez les grands-parents, je reste seul à la maison, à vider le congélateur...
Les vacances seront d’autant plus douces qu’elles seront peut-être prolongées, dixit ce matin le boss, d’une semaine supplémentaire, « si les commandes (attendues) n’arrivent pas ». Ça tombe bien : la date de retour de mon billet d’avion peut être modifiée ! Du coup, juste au cas où j’aurais effectivement une semaine de vacances de plus, j’ai jeté un rapide coup d’oeil au chapitre « Ratanakiri » de la copie piratée (je me suis fait avoir !), achetée à PP l’an dernier, du Lonely Planet. Ça fait envie. J’ai révisé aussi le chapitre sur Battambang et lu celui consacré à Kompong Chhnang.
Nous verrons bien...

samedi 3 janvier 2009

Friends - le restaurant

L'un de mes restaurants préférés à Phnom Penh est le restaurant Friends. La cuisine y est excellente, bien sûr, mais surtout, il sert de restaurant-école pour les jeunes formés à la restauration par l'association caritative Friends International.
Le service est parfois un peu hésitant, et ce n'est pas le restaurant le moins cher de la ville (ce n'est pas le plus cher non plus !), mais en y allant, non seulement on se régale, mais on fait en plus une bonne action !
Adresse : No. 215, rue 13
La devanture du restaurant :