dimanche 12 avril 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Episode 19 – Cours de cuisine

De retour au Smokin’ Pot après notre petit tour au marché, nous trouvons installé sur les tables de la terrasse tout ce dont nous allons avoir besoin : planche en bois, couteau, petites assiettes, mortier et pilon... Le premier plat à cuisiner sera un amok de poisson. Les instructions en anglais données par Vannak, le patron, sont concises mais claires. Les ingrédients à utiliser sont distribués à chacun : galangal, citronelle, ail... Nous apprenons à réaliser un « lait de coco » avec de la puple de noix de coco enfermée dans un chiffon et rincée à l’eau claire. Nous plaçons les différents ingrédients nécessaires à la réalisation de la sauce dans nos mortiers respectifs, et pilonnons à qui mieux mieux. Il s’agit en fait de réaliser une sorte de pâte de curry, nous explique notre hôte. (A mon retour en Chine, n’ayant pas les ingrédients sous la main, j’essaierai de confectionner un amok directement avec de la poudre de curry du commerce, mais le résultat sera décevant.)

Voici ma pâte :
Une fois le poisson cuit, les légumes à point et le lait de coco réduit dans le wok, voici venu le moment de dresser les plats, de les garnir de riz et de déguster notre préparation. Un régal !

Bon appétit :
L’amok à peine englouti, arrive le tour du lok-lak. Nous recevons notre tiers de blanc de poulet et le découpons en dés. Ma question de savoir s’il convient de couper le poulet parallèlement ou perpendiculairement au sens des fibres me vaut de la part de l’Américaine l’exclamation : « Ah, ces Français ! ». Nous préparons aussi la sauce (sauce de poisson, ail, poivre, eau) dans laquelle devront être trempés les dés de poulet avant leur introduction de nos cavités buccales respectives.

Le lok-lak cuit, nous re-dégustons. Avez-vous remarqué l’importance des légumes (oignons, tomates et concombres) dans la dégustation du lok-lak ? Je me rends compte aussi que l’oeuf sur le plat n’est pas un accompagnement obligatoire ni indispensable de ce mets. A mon retour de Chine, je reproduirai ce plat avec succès et au plus grand plaisir d’Emilie. Le lok-lak s’invite désormais régulièrement à ma table.
Dernier plat : boeuf émincé au basilic. Là, pas de doute possible : c’est perpendiculairement au sens des fibres qu’il faut découper les lamelles de boeuf. L’un des Australiens, qui a zappé cette instruction, produira un plat qui sera l’illustration parfaite de cette nécessité : son boeuf est dur comme une semelle usagée. Le boeuf est sauté rapidement dans le wok, et s’accompagne de l’un de ces petits piments verts dont j’ai déjà dit qu’ils étaient redoutables, de basilic thaï (holy basil, basilique sacré) et d'ipomée aquatique (Ipomea aquatica, ou, en anglais : water lily). N’étant pas un inconditionnel des plats épicés, ce boeuf émincé au basilic ne fera pas l’objet d’un essai de reproduction lorsque je serai de retour en Chine. Nous terminons la séance, repus, à 13h30. Monsieur Saroeurn m’attend. Je lui demande de patienter encore un peu, le temps que je consulte mon courrier électronique au cybercafé voisin. J’ai du travail, je rentre à l’hôtel pour envoyer en Chine les traductions qui m'ont été confiées. J’ai également une traduction à faire moi-même. L'après-midi sera laborieux.
PS. : Les recettes de ces trois plats seront mises en ligne, parmi d’autres, sur Sinogastronomie.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Episode 18 – Emplettes battambangaises

J’avais repéré pendant la préparation de mon voyage que, à Battambang, le Smokin’ Pot était cité non seulement pour sa cuisine cambodgienne, mais aussi pour les cours de cuisine locale dispensés par le patron de l’établissement.
M’étant enquis lors du dîner de la veille de l’organisation d’un cours le lendemain matin, et m’étant remis de ma rencontre avec mon écureuil battambangais, je me dirigeai, après m’être régalé d’un kuy tiev dans une gargotte locale, vers le Smokin’ Pot pour y prendre un petit cours de cuisine, en espérant bien apprendre à cuisiner le lok-lak, l’amok et d’autres plats.
Un peu avant neuf heures, j’arrive le premier, m’asseois et patiente en regardant les passants déambuler. Je suis bientôt rejoint par une Américaine, deux Australiens, deux Chinoises, un Néerlandais, nous sommes au total une dizaine de gourmands.
Le patron nous rejoint et nous propose de nous apprendre à cuisiner les plats suivants : lok-lak de poulet (ouais !), sauté de boeuf au basilic, et amok au poisson (génial !).
Mais avant tout, une petite visite sur le marché s’impose, pour acheter les ingrédients.
Visiter les marchés a toujours été pour moi une activité ludique. Qu’il s’agit du marché central à Phnom-Penh, du vieux marché à Siemreap ou du marché aux herbes médicinales de Canton, je me régale à chaque fois. Et si les petits marchands chinois n’avaient pas tendance à forcer l’addition lorsqu’ils voient mon long nez, il n’est à pas douter que je fréquenterais avec plus d’assuidité le petit marché chinois où Emilie fait parfois nos courses.
Nous voilà donc sur le vieux marché de Battambang, et c’est avec délectation que j’écoute le propriétaire du Smokin’ Pot nous présenter les étals de fruits et légumes avec limettes, fleurs de bananiers (excellentes en salade, avec du poulet), redoutables petits piments verts, variété pour moi inconnue de courgettes... Les étals des bouchers et des poissonniers me font un peu moins envie, mais les uns ne vont pas sans les autres.
Mais trève de bavardages, voici quelques photos qui, je l’espère, vous feront envie...

Petits piments verts

Ce qui, au centre, ressemble à des melons verts, ce sont en fait des courgettes

En mauve, les fleurs de bananiers

Poissons séchés

Restos Chine : Overseas Dragon (Shanghai, Suzhou, etc.)

(Remarque : Ce billet reprend le billet portant le même titre publié sur Sinogastronomie.com)
En Chine, lorsqu’il s’agit de remplir un petit creux, les possibilités sont innombrables : gargottes de nouilles, étals de saucisses ou de beignets dans la rue, fast-food à la mode chinoise, McDonald’s , KFC (Kentucky Fried Chicken), pizzerias, salons de thés... vous avez le choix.
Les restaurants de la chaîne Overseas Dragon, qui a ouvert en quelques années un nombre impressionnant de restaurants à Shanghai et dans la province du Jiangsu, me semblent constituer un bon choix.
Il s’agit d’une chaîne venant de Taiwan. J’avais eu l’occasion de goûter aux raviolis « qui collent à la casserole » (锅贴 guōtiē, raviolis frits) version Overseas Dragon à Taipei, il y a quelques années, et c’est avec plaisir que j’ai vu ouvrir il y a quatre ou cinq ans, devant la résidence où je demeurais à l’époque, l’un de ces restaurants.
J’ai déménagé depuis, mais j’ai eu l’occasion de renouveler l’expérience il y a quelques jours, sortant d’une agence de voyage de Suzhou, dans le quartier Shilu, auprès de laquelle je récupérais mon billet d’avion pour la Thaïlande.
Overseas Dragon a bâti sa réputation sur les raviolis frits, mais a aujourd’hui sensiblement élargi sa gamme pour proposer aussi, entre autres, nouilles au boeuf, wontons taiwanais, boulettes de viande et de poisson, soupe aigre-pimentée (dite « soupe pékinoise »), petites saucisses de Taïwan, et boissons telles que lait de soja froid ou chaud, soda taïwanais, et autres en-cas.
Les prix sont bien sûr modiques (par exemple, 4 RMB, soit moins de cinquante centimes d’euros, pour une portion de cinq raviolis frits).
Vous pouvez même vous faire livrer si le montant de votre commande est suffisante.
Et si vous voulez ouvrir un magasin franchisé, allez voir sur http://www.overseasdragon.com.cn/. Il vous en coûtera tout de même 700.000 RMB (environ 78.000 euros), tout compris (matériel, aménagement, etc.)
Vous trouverez des restaurants Overseas Dragon dans les villes suivantes : Shanghai, Suzhou,Wuxi, Kunshan, Wujiang, Taicang et Jiangyin.
Carte de visite d’un restaurant Overseas Dragon

samedi 11 avril 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Episode 17 – Sciurius vulgaris, version battambangaise

Après quelques déambulations dans Battambang et m’être rendu compte avec effroi que la connexion Wi-Fi du Khemara Battambang II ne fonctionne pas, je relève mon courrier électronique dans le Cybercafé qui se trouve près du marché, et je prends mon dîner au Smokin’ Pot (bien plus haut en couleurs que le déjeuner du White Rose). Je rentre tôt à l’hôtel, pour me remettre du voyage du matin et passer une nuit paisible.
C’est le lendemain matin à l’aurore que, fumant une cigarette à la fenêtre de ma chambre, je fais la rencontre dont je parlais dans le billet précédent. Mon regard se promenant sans but sur la cime des cocotiers du verger adjacent, je remarque un mouvement furtif, et discerne les contours d’un Sciurius vulgaris (un écureuil, si vous préférez) qui me fixe. Ce n’est apparemment pas tous les jours qu’il voit un barang, car il reste là à me regarder, sans bouger. Je saisis mon appareil photo et c’est le moment qu’il choisit pour filer comme l’éclair. La peur de l’objectif, peut-être, qui sait ?

Le poste d'observation de mon écureuil battambangais

Cette rencontre fugitive ne mériterait pas d’être mentionnée si elle ne s’était pas répétée tous les matins de mon séjour à Battambang. En me levant, j’avais l’assurance de voir juché, sur la cime du même arbre, cet écureuil singulier qui semblait me narguer en se défilant à chaque fois que je saisissais mon appareil photo.
Je me plais à penser qu’il a été surpris, et qu’il a peut-être même pensé un peu à moi le matin du cinquième jour, lorsqu'il ne m’a plus vu à la fenêtre de la chambre 206 du Khemara Battambang II Hôtel.

Sciurius vulgaris
- le mien était presque comme celui-ci
(Source : http://photo.net/photodb/photo?photo_id=6660518&size=lg)

vendredi 10 avril 2009

Tempus fugit

Le temps passe vite, trop vite...
J’avais pensé pouvoir mettre ce petit recueil de billets à jour au fur et à mesure de mes pérégrinations asiatiques, j’ai visiblement présumé de mes forces.
Trop de travail, trop de paresse, trop de choses à faire, à dire, et pas assez de temps passé avec Léo, le petit dernier.
Mon dernier voyage au Cambodge date d’il y a trois mois déjà, et mon récit est bien loin d’être terminé !
Depuis mon retour, que de choses vécues en Chine ! Que de nouveaux restaurant visités ! Que de gens rencontrés ! Que de nouvelles recettes testées ! Que de sites découverts sur le net !
Et Sinogastronomie et Sinoiseries qui sont à l’abandon...
Et les montagnes de livres commandés ou achetés et qui restent à lire...
Et, pour couronner le tout, me voici de nouveau sur le départ : quatre jours en Thaïlande, pour affaires, à partir du 16 avril. Je vous raconterai... enfin, si j’en trouve le temps.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Episode 16 – Khemara Battambang II

N’étant jamais allé à Battambang et gardant à l’esprit le fait que, malgré le nouvel an chinois, je ne suis pas vraiment en vacances et que je dois pouvoir garder le contact avec mes clients français, l’un des facteurs du choix de mon lieu de séjour était la disponibilité d’une connexion à Internet dans ma chambre.

A Phnom-Penh, le propriétaire de la guesthouse Velkommen m’avait chaudement recommandé le Kemara Battambang II, qui, m’avait-il dit, était un hôtel neuf, avec des chambres d’une propreté immaculée, avec piscine, et le tout à un prix ridiculement bas.

J’avais pensé loger à la Bus Stop Guesthouse, tenue par un Australien marié à une Cambodgienne qui, ai-ju lu, sur le site de Canby Publications (http://www.canbypublications.com/) me semble-t-il, a la connexion Wi-Fi la plus rapide de Battambang. Mais des comptes-rendus de voyageurs faisant état d’un tenancier bien peu sympathique m’en avaient dissuadé. Par ailleurs, le petit paragraphe consacré au Khemara Battambang II dans un autre guide indiquait que l’hôtel proposait une connexion Wi-Fi. C’est donc dans cet hôtel que j’avais a priori décidé de passer les trois ou quatres jours que je prévoyais de passer dans la ville.

C’est donc le nom du « Khemara Battambang » que j’énonce à l’attention de Monsieur Saroeurn, qui réplique : « Lequel ? Il y a le nouveau et l’ancien ! » Le « Khemara Battambang pi (2) », dis-je. « Skoal » (je connais), me rassure-t-il. Pas de souci, donc.

Mollement assis sur la banquette arrière du tuk-tuk, j’allume une cigarette et me mets à regarder les rues qui défilent. J’avais lu que Battambang était une petit ville de province calme, et il est vrai que la densité des véhicules dans les rues est vraiment très faible par rapport à la capitale. Pour être honnête, il faut dire qu’il est pratiquement midi, et tout le monde doit être en train de déjeuner ou de faire la sieste, mais c’est vraiment très, très calme...

Arrivé à l’hôtel, je me rends compte qu’il est situé un peu en périphérie, bien loin du centre ville, et j’ai de plus observé l’absence totale de tuk-tuk dans les alentours. De plus, je dois vérifier qu’il y a bien une connexion Internet dans la chambre avant de me poser, aussi, après avoir demandé à mon chauffeur le prix pour le reste de la journée, décidai-je de garder Monsieur Saroeurn à mon service au moins jusqu’au soir.

Le Khemara Battambang II a effectivement l’air tout neuf. La décoration de la réception est un peu grandiloquente, mais reste supportable. Je demande s’il y a des chambres disponibles (« Oui ») et s’il y a bien une connexion Wi-Fi disponible dans la chambre (re-« Oui »). Le prix (15 dollars la nuit) est bien celui que l’on m’avait dit. Je donne mon passeport, j’annonce que je resterai trois à quatre jours, et on me tend une petite languette de papier sur laquelle est inscrit le code d’accès qui me permettra de me connecter à Internet. Je suis rassuré !

Je loge au deuxième étage. Les couloirs sont immenses ! Le silence règne dans l’établissement. Arrivé à ma chambre, je me rends compte avec un peu d’inquiétude que se trouve non loin l’entrée d’un karaoké (en fait, je n’entendrai jamais la moindre note de musique de ma chambre).

La chambre n’est pas immense, mais elle est effectivement très propre. La fenêtre donne sur un verger de bananiers et de cocotiers, très agréable, et qui, je ne le sais pas encore, sera le lendemain matin l’occasion d’une petite rencontre sympathique.


Bananiers et cocotiers




Je me débarbouille, et descends rejoindre Monsieur Saroeurn. Je lui demande de m’emmener dans un restaurant en centre ville. Il choisit la sécurité et me dépose devant le White Rose qui semble être la cantine des jeunes expats du coin. Le repas est correct. Pour le dîner, j’opterai pour le Smokin’ Pot, bien plus sympathique.

L'entrée du Khemara Battamnang II (on aperçoit en bas à gauche le tuk-tuk de Monsieur Saroeurn)

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, Episode 15 – Battambang, la descente de bus

Me voici donc descendu de mon bus, et cherchant un moyen de transport. Petite surprise : contrairement à ce qui se passe lorsque, venant d’une autre ville, on descend d'un bus à Phnom-Penh où à Siemreap, on n’a pas des dizaines de chauffeurs de tuk-tuk cherchant à s’arracher le client, et la descente du bus à Battambang se révéla étonnamment calme. Il y avait bien quelques chauffeurs de motodop, mais ils ne se bousculèrent pas à la descente des voyageurs (il est vrai en petit nombre) venant de Phnom-Penh, et, plus étonnant encore, pas un seul chauffeur de tuk-tuk ne s'était donné la peine de venir chercher un client. Deux ou trois motocyclistes tentèrent bien de me convaincre de hisser mon énorme valise sur leurs deux roues, entre eux et le guidons, comme cela se pratique, mais c’est avec le sourire qu’ils se mirent en devoir d’aller quérir un tuk-tuk pour moi lorsqu’ils eurent compris que c'était ce moyen de locomotion qui avait ma préférence.

Au bout de quelques minutes, je vis donc arriver une cariole rouge tractée par une motocyclette sur laquelle était juchée un chauffeur... casqué ! Tiens, la loi instaurant le port du casque obligatoire édictée en début d’année par le gouvernement cambodgien semble avoir été interprétée différemment à PP et à BTB, puisque dans la capitale, aucun chauffeur de tuk-tuk ne porte le casque. (A Siemreap en revanche, les chauffeurs de ces triporteurs le sont tous, casqués, et l’étaient bien avant la publication de la loi en question.)

Après m’être enquis du prix, qui me semble tout à fait raisonnable (deux dols, crois-je me souvenir), et avoir demandé le nom au souriant propriétaire du véhicule, je demande donc à Monsieur Saroeurn de me conduire à l’hôtel que m’avait chaudement recommandé le propriétaire de la Velkommen : le Khemara Battambang II.

PS. : Si vous parlez un peu khmer, je vous recommande chaudement les services de Monsieur Sok Saroeurn qui est des plus souriants et d’une très grande gentillesse. (Il m’a confirmé plus tard que, malheureusement, il ne maîtrisait aucune langue étrangère). Voici sa carte de visite :


lundi 2 mars 2009

Lien : Le site de Samdech Euv

Samdech Euv (littéralement « Monseigneur Papa ») est le surnom affectueux qui sert à désigner Norodom Sihanouk, roi-père du Cambodge. Je me garderai bien de critiquer ce personnage qui est très aimé dans son pays, d’autant plus que je ne me suis pas penché de près sur son histoire, son action. Je ne garde que le souvenir des reportages vus à la télévision le montrant pérorant sur l’intelligence de la monarchie khmère capable de s’allier aux révolutionnaires, ou encore des articles racontant de façon cocasse les aventures de Monseigneur Papa à Pékin...Le site intitulé « Their Majesties Norodom Sihanouk & Norodom Monineath Sihanouk – The King-Father & The Queen-Mother of Cambodia » présente de nombreuses informations qui me semblent intéressantes, en particulier la section « Documents pour l’Histoire », qui fournit un certain nombre de textes qui éclaireront certainement ceux qui s’intéressent au personnage royal et à l’histoire récente du Cambodge.

jeudi 26 février 2009

Lien : La Maison du Maitre des Thes

Julien, un Français amoureux de la Chine (encore un !), a acheté puis rénové une maison de l’époque des Ming située dans un village du Wannan (皖南)(le sud de la province de l’Anhui), apparemment pas très loin du mont Huangshan (黄山), et en a fait une petite maison d’hôtes (trois chambres !), qui me semble tout à fait sympathique.Vous pouvez aller voir sur le site de la « Maison du Maître des Thés ». Si quelqu’un a déjà séjourné là-bas, qu’elle ou il me fasse partager son expérience ! Pour ma part, ce sera probablement l’une de mes prochaines destinations en Chine.

mercredi 18 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, épisode 14 – Route Nationale 5, seconde partie

La position stratégique que j’occupe à l’avant du car me permet d’embrasser du regard le paysage qui défile devant moi.
Le spectacle de la plaine à perte de vue est apaisant ! Les seuls reliefs, si l’on fait abstraction de la chaîne des Cardamomes que l’on devine sur la ligne d’horizon, vers l’Ouest, sont ceux que constituent les... palmiers à sucre, c’est dire que c’est bien peu de chose ! Il me semble avoir lu quelque part que la portion méridionale de la péninsule indochinoise s’était en fait progressivement constituée, en gagnant sur la mer, grâce au dépôt des alluvions charriées par le Mékong. Le plat pays khmer ne dément pas cette explication.
















Nationale 5, entre Phnom-Penh et Battambang


En regardant sur le bas-côté, on peut voir assez fréquemment un panneau se signalisation routière complètement inconnu sous nos latitudes, mais dont on devine tout de suite le sens : dans un losange pointant vers le haut et le bas, sur fond jaune avec liseré noir, on peut voir la silhouette noire d’une superbe vache, ronde, bien en chair. (Le panneau est bien entendu destiné à attirer l’attention des conducteurs sur les vaches et autres bovidés divers qui sont nombreux à traverser toutes les voies de communication, depuis les routes nationales jusqu’aux chemins vicinaux.)
Si ce panneau constitue votre premier contact avec l’industrie bovine khmère, ne vous laissez pas abuser : malgré les apparences, ce n’est pas du charolais que l’on élève au Cambodge !




























Il suffit de jeter un coup d’oeil rapide aux pauvres vaches maigrichonnes, décharnées, qui déambulent nonchalemment dans les champs ou qui traversent la route de leur pas de sénateur, en traînant derrière elles la corde qui doit servir au bouvier à les tirer quand il y pense, pour se rendre compte que le panneau de signalisation est bien mensonger. Et on comprend aussi, par contre-coup, pourquoi la viande de boeuf que l’on mange au Cambodge ressemble parfois à s’y méprendre à de la vieille semelle : ces pauvres vaches n’ont littéralement que la peau sur les os ! On ne s’en étonnera pas en voyant l’herbe jaune et rare qu’elles s’efforcent de brouter dans les rizières ! Mais peut-être est-ce la race bovine qui donne cet aspect bien peu engageant ? En effet, les buffles sont eux beaucoup plus rebondis. Leurs belles cornes en demi-cercle et leur cuir tendu doivent faire pâlir d’envie leurs cousines laitières !


















Après une escale à la sortie de Pursat, dans un restaurant-café-galerie de sculptures sur bois qui est smeble être l’arrêt obligatoire des chauffeurs de la compagnie de cars qui s’y sustentent d’un déjeuner qui me semble assez peu appétissant, nous repartons pour effectuer la seconde moitié de notre périple vers Battambang. Sur cette portion-là, la route est sensiblement meilleure, et, n’étant plus cahotés par les nids-de-poules, je me mets à somnoler, en attendant d’arriver à destination.
L’arrivée à Battambang est signalée par la statue de la divinité qui porte le « bâton perdu » (c’est ce qui signifie le nom de la ville). Après un dernier arrêt intermédiaire à la périphérie de la ville, le car arrive enfin à son terminus. Je descends, récupère ma valise, salue d’une signe de tête le voyageur qui m’avait interrogé sur les Khmers Rouges et la France, et me mets en quête d’un chauffeur de tuk-tuk.

PS. : Les photos bovines ne sont pas de moi. Elles viennent d'ici pour le charolais, et d'ici pour le panneau cambodgien.

mardi 17 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, épisode 13 – Route Nationale 5, première partie


La route nationale 5 est la route qui conduit de Phnom-Penh à Battambang, Sisphon et Poipet, en passant par Kampong Chhnang et Pursat, au sud du Tonlé Sap.
Si vous ne connaissez pas le Cambodge, ne vous laissez surtout pas impressionner par l’appellation de « route nationale » ! Il s’agit dans le meilleur des cas d’une route goudronnée avec un nombre limité de nids-de-poule, sur laquelle les camions côtoient allègrement les motoculteurs attelés transformés en autocars découverts (et du coup naturellement climatisés), les chars à boeufs, les enfants rentrant de l’école à vélo ou à pied, les motos, les voitures de tous genres, et bien entendu les cars qui se frôlent à toute allure, allant d’une ville à l’autre, en s’arrêtant dans tous les bourgs pour laisser monter et descendre des passagers.



















Char à boeufs sur la RN5


Des autocars eux-mêmes, on peut dire qu’ils sont une illustration parfaite de l’art asiatique de la reconversion : les trois que j’ai pris de Phnom-Penh à Battambang et retour, puis quelques jours plus tard de Phnom-Penh à Kampot, étaient des cars mis à la retraite par des compagnies de transport taïwanaises. En témoignaient les mentions écrites en chinois traditionnel qui avaient été amoureusement laissées en place par les heureux nouveaux propriétaires cambodgiens, mentions à côté, au-dessus ou au-dessous desquelles avaient été ajoutées diverses mentions en khmer : le nom de la compagnie cambodgienne de transport sur la vitre avant, les injonctions faites au passager de ne pas fumer au-dessus de la place du chauffeur...
Cependant, ont été remplacés les très confortables sièges en cuir, à une large place, avec écouteurs intégrés (« Nous utilisons les sièges de première classe des compagnies aérienne », disaient les publicités taïwanaises), sur lesquels je me suis parfois confortablement installé lorsque je voyageais, à Taiwan, de Taipei à Chunan et vice-versa. Ces fauteuils quasi-présidentiels ont cédé la place à des banquettes, à deux places minuscules, recouvertes d’un tissu à la couleur indéfinissable et d’un confort somme toute assez spartiate. Heureusement, de Battambang à Phnom-Penh, Edvin (le patron de la guesthouse Vilkommen) avait pris le soin de me réserver le siège numéro 1, à l’étage, qui m’offrait une vue imprenable sur la route... Heureusement encore, le bus n’étant pas bondé, loin s’en faut, aussi eus-je la jouissance sans partage des deux places de la banquette. Seul « inconvénient » : la position avancée de la banquette ne me permettait pas de jouir du spectacle des clips vidéo de chansons cambodgiennes romantiques qui étaient projetés sur le téléviseur rustique aménagé à l’avant du bus pour l’entertainment des passagers. Elle me permettait en revanche de ne rien manquer de la médiocrité du système sonore ! (C’est dans ces moments-là que l’on trouve que, finalement, le balladeur MP3 est une invention magnifique.)

Mais parlons donc du périple en lui-même...
En novembre 2008 déjà, j’avais fait l’expérience de la conduite intrépide des chauffeurs de cars cambodgiens, lorsque j’avais voyagé avec ma belle et douce Emilie de Phnom-Penh à Siemréap. Malgré cela, cette fois-ci encore, à chaque fois que nous frôlions à gauche un bus ou un camion allant dans le sens inverse, ou à droite un char à boeufs, un vélo, un pick-up poussif ou un motoculteur que nous dépassions, l’adrénaline faisait son oeuvre ! Et je me demande encore comment, à la vitesse où nous allions et avec l’étroitesse relative de la route nationale 5, nous n’avons pas eu d’accident !
Cette nationale n’est pas la pire route du Cambodge, mais, au moins entre Phnom-Penh et Pursat, c’est loin d’être la meilleure. Le macadam est parfois de qualité hésitante : il est artistiquement agrémenté de trous et d’ornières, les ponts sont malicieusement délimités d’un côté et de l’autre de bourrelets de bithume qui font la liaison entre le tablier et la chaussée et qui mettent à rude épreuve les systèmes de suspension des véhicules, et j’ai bien peur que les pluies de la saison humide n’aient pris le pli de rogner un peu chaque année sur les bords du revêtement qui recouvre la route : sur certaines portions, lorsque nous croisions un bus ou un camion faisant le trajet dans le sens inverse, notre chauffeur était contraint de se déporter sur sa droite pour conserver un intervalle de frôlement suffisant, et il lui est arrivé à deux ou trois reprises de mordre sur la latérite en bordure de route, soulevant dans son sillage des nuages de poussière rouge.

mardi 10 février 2009

Lien utile - Ka-set info - Informations sur le Cambodge

Un petit lien pour ceux qui s'intéressent à l'actualité du Cambodge :
Ka-set - Site d'information sur le Cambodge.
Vous y trouverez toute l'actualité sur le Royaume du Cambodge, en français, anglais et khmer.
Par d'anciens journalistes de l'équipe du Cambodge Soir, à l'époque où c'était encore un quotidien.
Bonne lecture !

samedi 7 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 3, épisode 12 – Phnom-Penh – Les Khmers Rouges et la France

Ma note d’hôtel payée, je me prépare en ce matin du lundi 26 janvier, à prendre le bus pour Battambang. La veille, Edvin, le propriétaire de la Velkommen, a acheté pour moi le billet de bus. La station de bus étant à peine à une cinquantaine de mètres de la guesthouse, c’est à pied que je quitte mon logis, et que je m’enquiers, au bureau de la compagnie de bus, de l’endroit où rejoindre l’autocar. Une vingtaine de mètres plus loin, je confie ma valise à un employé de la compagnie qui la range dans le coffre à bagages du car, et je m’appuie contre une balustrade, pour fumer quelques cigarettes en observant la circulation sur le quai Sisowath et en attendant l’heure du départ.
Un Cambodgien d’une quarantaine d’années attend aussi, et comme il m’a entendu parlé khmer avec l’employé de la compagnie de bus, il engage la conversation. Il est de Siemréap, où il est chauffeur de tuk-tuk (ou de taxi, selon les circonstances), et aime faire du tourisme au Cambodge. Il est venu à Phnom-Penh en prenant la route qui passe au Nord du Tonlé Sap, et repart chez lui en empruntant la route du Sud. Il en profitera pour visiter Battambang qu’il ne connaît pas, voire pour pousser jusqu’à Pailin, s’il trouve un moyen de transport en arrivant. Il m’explique en souriant qu’il a quelques problèmes avec son épouse, qui visiblement n’apprécie pas vraiment son goût pour les voyages... et pour la bouteille, et préfèrerait le voir à Siemréap à gagner un peu plus d’argent.
Après s’être enquis de ma nationalité, il se lance immédiatement dans un petit discours d’introduction qui m’inquiète un peu, car je sens bien qu’il va vouloir se lancer sur un sujet-piège :
- Moi, tu vois, je ne connais pas grand chose, je viens de la province, et puis je ne suis jamais allé à l’étranger, et je n’ai pas fais beaucoup d’études. Mais toi qui est français et qui a beaucoup voyagé, il y a une question que je voudrais te poser, parce que, vraiment, cela m’intrigue, me dit-il.
- Euh... oui, enfin, je ne sais pas si je pourrai répondre à ta question, mais je le ferai volontiers, si je connais la réponse, lui dis-je, prudemment, en guise de réponse. Je m’attends au pire.
- Et bien voilà, je voudrais bien que tu m’expliques ceci : Pol Pot et compagnie, ils ont tous fait des études en France, tu sais ? A ton avis, qu'est-ce qu’on leur a fait en France, pourquoi sont-ils devenus des Khmers Rouges à leur retour ?
Je me doutais que la petite démonstration de modestie qu’il m’avait en servie en guise d’introduction ne valait rien qui vaille, mais là, je suis un peu pris au dépourvu. Mes neurones se mettent immédiatement à chauffer. Que répondre à cela ? Heureusement que j’ai lu un peu sur le sujet, et que je peux sans trop de difficultés rejeter la responsabilité idéologique du crime génocidaire des maoïstes khmers sur le parti communiste chinois, même si je sais bien que les pays occidentaux, dont la France, ont une part énorme de responsabilité dans l’affaire :
- Euh, oui, tu as raison, Pol Pot a étudié en France et c’est en France qu’il a été initié au communisme, je crois que c’est surtout l’influence chinoise qui a pris le dessus chez les Khmers Rouges.
- Mais vous avez de Communistes, chez vous, non ? insiste-t-il.
- Oui, oui, il y a un parti communiste en France, mais il n’a pas beaucoup de pouvoir chez nous.
- Et le régime communise n’a pas posé de problème en France ? Les communistes n’ont tué personne chez vous ?
- Non, non, nous n’avons pas eu de régime communiste, nous avons seulement un parti communiste, et les communistes français n’ont tué personne.
A son regard, je comprends qu’apparemment j’ai donné des arguments qui suffisent, car il n’insiste pas plus.
Pour continuer sur le sujet des Khmers Rouges, il m’explique tout de même :
- Tu sais, moi je crois que si les Khmers Rouges étaient restés un an de plus au pouvoir, ils auraient fini par tuer tout le monde. Ils s’entretuaient même entre eux. Il n’y aurait plus eu qu’un pays vide, plus que la terre cambodgienne, mais plus de peuple cambodgien...
Il continue en me racontant qu’à l’époque khmère rouge, il n'y avait plus rien, même plus de médicaments. Pour se soigner, les gens devaient avoir recours aux plantes, ou, pire encore, aux brûlures.
Aux brûlures ? Là, le vocabulaire me manque, j’ai un peu de mal à le comprendre, jusqu’à ce qu’il soulève la jambe de son pantelon, puis son T-shirt, pour me montrer les petites cicatrices rondes qu’il a un peu partout sur les jambes, sur le ventre, dans le dos, qui ressemblent à des brûlures de cigarettes.
Je comprends qu’il s’agit là de cicatrices laissés par la moxibustion, l’une des composantes de la médecine traditionnelle chinoise, qui consiste à faire brûler sur les points d’acupunture de petits dés d’armoise. Visiblement, il conserve un souvenir amer de cette thérapie-là.
Et je me dis qu’il serait peut-être utile qu’un jour quelqu’un étudie de près l’action de la Chine et des Chinois pendant les années 70 au Cambodge. Mais je doute que l’on puisse avoir accès aux archives du gouvernement chinois sur le sujet ! Y a-t-il des archives khmères rouges sur le sujet ?
Notre conversation est finalement interrompue par le chauffeur du bus qui klaxonne pour inviter aux voyageurs en partance pour Battambang à monter dans le car.
Je monte au premier étage pour prendre ma place sur le siège no. 1, à l’avant du car, siège à partir duquel j’ai une vue dégagée sur la route, je me visse les écouteurs de mon lecteur MP3 sur les oreilles, et je commence à somnoler vaguement en me dirigeant vers la route nationale qui va me conduire à Battambang.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 2, épisode 11 – Gold Fish River

Parmi les restaurants dans lesquels je me régale à chaque fois que je viens à Phnom-Penh, celui que j’ai fréquenté le plus grand nombre de fois est sans aucun doute le Gold Fish River (Tonlé Trey Mies, ou, si vous préférez, 金鱼河). Il s’agit d’un restaurant qui s’est installé sur le bord du Mékong, et l’on a une vue sur le fleuve si l’on a la chance d’être assis près de la balustrade.
Ce restaurant possède une carte impressionnante, et propose de la cuisine cambodgienne, thaïe et chinoise. Parmi mes plats préférés, citons par exemple la salade de fleurs de bananiers au poulet, les travers de porc grillés, les soupes, les amoks, les coques sautées... Vous y trouverez aussi, si vous êtes amateur, des « river lobsters » (littéralement, homards de fleuve). Plutôt que de homards, il s’agit en fait d’énormes crevettes, qui valent leur pesant d’or !
Pas de problème pour commander : la carte est en khmer, chinois et anglais.
Normalement, il suffit de donner le nom au chauffeur de tuk-tuk, il devrait connaître le restaurant sans problème. Sinon, dites simplement qu’il est sur le bord du fleuve (noev moat tonlé), près du vieux marché (psa chas), l’explication devrait suffire.

dimanche 1 février 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 10 – Phnom-Penh – Musée National


Parmi le petit nombre de sites touristiques qui valent d’être mentionnées à Phnom-Penh, se trouve le Musée National, sans la visite duquel une visite de la capitale khmère ne saurait être complète. Ce musée fait aussi partie des endroits que je me fais un devoir de parcourir à chaque fois que j’ai le plaisir de venir.
Parmi les objets exposés, valent d’être mentionnés les bronzes qui sont visibles dans la première salle, juste à gauche de l’entrée. J’ai encore à l’esprit, par exemple, l’image d’un magnifique taureau de Shiva. D’autres statuettes en bronze ne manqueront certainement pas de vous séduire par leur finesse.
La statuaire en pierre est également superbe. On doit mentionner bien sûr l'inégalable statue de Jayavarman VII, assis, les yeux fermés, dont le visage dégage une très grande sérénité. Vous pourrez acheter partout des reproductions de toutes tailles et dans toutes les matières de la tête de cette statue.
On retrouve aussi les représentations de quelques-unes des dinivités fantastiques du panthéon hindouiste : Ganesha, Harihara, Vishnu, ainsi qu’un nombre impressionnant de divinités zoomorphes. N’étant pas du tout spécialiste des religions d'Asie, plus que les personnages eux-mêmes, ce qui m’a le plus parlé, c’est l’esthétique de la statuaire, et en particulier le déhanché de certains presonnages, qui m’a semblé assez troublant. Signalons aussi la belle collection de lingas, et celle d’objets tels que : armes, blagues à tabac, cuillères à riz, crachoirs, nécessaires à bétel, bijoux...
Des expositions provisoires sont également organisées. J’ai trouvé très intéressante l’exposition de livres et d’illustrations anciens, datant de l’époque de la colonisation, sur l’Indochine, qui était visible au moment de mon séjour dans la ville.
Le Musée est également doté d’une cour intérieure carrée, bien aérée, dans laquelle il est fort agréable de se reposer un peu, au bord de l'un des bassins. Le bâtiment lui-même est magnifique ! On peut regretter cependant un peu que le jardin qui entoure le bâtiment ne soit pas mieux entretenu.
De plus, même si ce musée contient de nombreux objets de très grand intérêt, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est un peu insuffisant, et que l’extraordinaire culture khmère mériterait largement un musée plus grand, mieux entretenu, plus beau...
Deux autres petites remarques négatives, enfin : je trouve assez déagréable d’être sollicité avec insistance pour faire des offrandes à certaines statues, d’autant plus que les personnes qui, avec un grand sourire et l’apparence de la plus grande gentillesse, vous tendent les fleurs à offrir, attendent que vous ayez accepté les fleurs si « gentiment » tendues pour vous faire comprendre en désignant de la main l'assiette placée devant la statue, qu’un don d’argent est attendu ! Je trouve aussi dommage qu’il ne soit pas permis de prendre les objets en photo. J’espère que ce n’est pas seulement pour faire mieux vendre les livres (de qualité assez inégale d’ailleurs) qui sont proposés dans la boutique qui se trouve à droite de l’entrée !
Enfin, si l’art khmer vous a séduit, vous pourrez aussi dépenser quelques dollars dans l’une des boutiques qui s’alignent dans la rue qui borde le musée au nord (n’hésitez surtout pas à marchander). Les peintures en vente dans ces boutiques ont apparemment été peintes par les étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts qui borde le musée à l’ouest.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 9 – Phnom Penh – Friends, le restaurant

(Je sais, j’ai déjà consacré un petit article au restaurant Friends, publié sur ce blog le 3 janvier dernier... Mais c’est sans remords aucun que je récidive !)

Et comme c’est l’un de mes restaurants préférés à Phnom-Penh, c’est tout naturellement que j’ai choisi d’y prendre mon premier déjeuner cambodgien, ce 24 janvier.

Comme j'arrivais juste à l’heure du repas, le restaurant était bondé, et j’ai dû attendre une dizaine de minutes qu’une table se libère à l’extérieur (l’intérieur du restaurant est non-fumeur, et comme je suis un fumeur invétéré...). Je connaissais déjà la toute petite terrasse, qui ne compte tout au plus que cinq ou six tables de deux, à l’entrée du restaurant, et cette fois j’ai découvert avec plaisir celle, plus aérée, qui se trouve dans l’arrière-cour, à l’abri du bruit et de l’agitation de la rue. La table à droite de la mienne était occupée par trois Italiens, et un groupe de touristes français d’une douzaine de personnes avait investi la partie gauche de la terrasse.

Explorant la carte (qui s’orne régulièrement de plats de saison), j’ai voulu cette fois goûter un plat végétarien, et mon choix s’est porté sur l’houmos à la tomate séchée, dont je vous laisse admirer une photo ci-dessous. Une cuillerée d’houmos est déposée sur une une galette légère, et surmontée d’une demie tomate-cerise et d’une feuille de basilic. Un délice !















Etant cependant un carnassier incorrigible, j’ai tout de même tenu à avoir ma ration de protéines animales, qui se sont présentées cette fois-ci sous la forme de brochettes de filets de poisson. Arrosées d’une filet de jus de citron... yummy, yummy ! Et pour ce qui est de l’élément « sustentateur », si j’ose dire, je ne regrette pas d'avoir été attiré par le riz sauté aux champignons.
















... Et tout cela, bien sûr, servi avec le sourire par les jeunes de l’association Friends International, qui forme les enfants de la rue, entre autres aux métiers de la restauration.

Je rappelle pour ceux qui l’auraient oublié que Friends, le restaurant, se trouve au numéro 215 de la rue 13, à deux pas à peine du Musée National. C’est donc le choix idéal pour se nourrir le corps après s’être nourri l’esprit, tout en faisant sa BA quotidienne !

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 8 – Velkommen Inn

Cherchant sur Internet un endroit différent où me loger à Phnom-Penh avant de partir à Battambang, je me suis laissé tenter par une guesthouse située rue 104, tout près du Wat Phnom, la Velkommen Inn. Mon choix a été motivé d’une part par le fait que cette guesthouse était gérée par un européen (un Suédois, pour être exact), et surtout par le fait que les chambres sont équipées d’un coffre-fort (je suis de nature un peu anxieuse...).
Les chambres sont propres, le personnel (une petite équipe de trois ou quatre Cambodgiennes, sous la direction d’Edvin, le patron suédois) est très sympathique ! J’ai découvert en arrivant que, ô bonheur !, la rue 104 est située à deux pas de l’un de mes restaurants préférés à Phnom-Penh, le « Tonlé Trey Mies », ou Golden Fish River en anglais, ou encore 金鱼河 en chinois, qui donne sur le Mékong.
Et pour ceux qui aiment sortir prendre un verre, il convient aussi de préciser que la toute petite rue 104 est l’une des rues peuplées de bars de Phnom-Penh : sur les cinquante mètres de long que doit faire la rue, s'aligne une bonne douzaine de bars (tels que le 104, le Night Owl, le Roses, pour n’en citer que trois).
Seule petite ombre au tableau : la guesthouse pas d’accès Internet pour l’instant. C’est la seule raison qui m’a poussé à changer de lieu de résidence à mon retour de Battambang.
(adresse : no. 23, rue 104 – tél. : 092-177710 – email : inninpp@yahoo.com)

samedi 31 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 7 – Tuol Sleng, Phnom-Penh

J’ai un peu hésité avant d’écrire cet article-ci. En effet, je ne suis pas de taille à traiter un sujet comme ça, tout ce que je pourrai dire au sujet de Tuol Sleng ne sera pas à la mesure de ce que je ressens lorsque je visite ce lieu, et pourra sembler futile comparativement au lieu lui-même, ou bien léger par rapport, par exemple, au film S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh (voir une présentation de ce film ici).
Ce lieu, je l’ai visité à chaque fois que je suis venu à Phnom-Penh.
Je l’ai vu pour la première fois en 1992, à l’occasion de mon premier voyage au Cambodge, mais c’est ma deuxième visite, en février 2008, qui m’a le plus choqué. Peut-être est-ce parce que j’étais beaucoup moins jeune, ou peut-être encore est-ce parce que j’avais vu depuis le film de Rithy Panh, et que je peux mettre un visage sur certaines des personnes qui ont vécu ici ?
En fait, de ma première visite, je me rappelle surtout de cette carte du Cambodge dressée avec des ossements et des crânes humains. Cette carte n’est plus sur place, mais on peut encore en voir une photo. Cette représentation macabre du Cambodge m’avait déplu, car je croyais que c’était par trop « graphic », comme disent les Américains, trop « exhibitionniste », serais-je tenté de dire, et cela me semblait en outre marquer un manque de respect par rapport aux restes des personnes à qui ces ossements appartenaient, qui ont été torturées et tuées ici.
Tuol Sleng était donc le plus important centre d’interrogation des Khmers Rouges entre avril 1975 et janvier 1979. Quelque 17 000 personnes y ont été emprisonnées et torturées. Certaines sont mortes ici, la plupart ont été conduites dans la banlieue de Phnom-Penh, à Choeung Ek, pour y être assommées à coups de gourdin, puis égorgées, avant d’être jetées dans des fosses communes.
Il s’agit d'un ancien lycée, qui a été, dès la prise de contrôle de Phnom-Penh par les Vietnamiens début 1979, transformé en musée, pour témoigner des atrocités commises par la clique de Pol Pot.
Lorsque les soldats vietnamiens sont entrés dans Tuol Sleng, il y ont trouvé quatorze cadavres de prisonniers, que les gardiens n’avaient pas eu le temps de faire disparaître. Ces cadavres sont enterrés dans la cour de l’ancien lycée.













Tombes des prisonniers trouvés sur place à la libération de Phnom-Penh par les troupes vietnamiennes en janvier 1979.

Les salles du rez-de-chaussée du bâtiment A (le bâtiment le plus à gauche, lorsque l’on rentre) sont « ornées » de photos prises par les Vietnamiens à leur arrivée. Il s’agit des photos des prisonniers morts sous la torture, tels qu’ils ont été trouvés.













Photo ornant l'une des pièces du rez-de-chaussée du bâtiment A.

Mais ce qui me semble à moi le plus impressionnant, c’est cet alignement froid, sans vraiment de commentaire, des photos d’archive des prisonniers : homme, femmes, enfants, bébés... Les photos ont été prises au moment de l’incarcération, et on ne voit pas de traces de coups, ni de torture, mais on sait que toutes les personnes dont les photos s’alignent ici sont mortes (seuls quelques prisonniers, sept exactement, sont sortis vivants de cet enfer).






























Les objets exposés, vêtements de prisonniers, caisses de munition vides qui servaient aux prisonniers à se soulager, instruments de torture divers, notices biographiques de certains gardes ayant oeuvré ici, viennent en complément.Mais la seule visite du lieu ne permet pas d’appréhender l’horreur, de comprendre ce qui s’est passé ici. Le visionnage (préalable, de préférence) du film de Rithy Panh me semble constituer un complément indispensable à cette visite.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 6bis – Nouveau Marché (alias Marché Central)

En complément de l’épisode précédent...

Le restaurant dans lequel je déguste mes kuy tiev s’appelle le « Enjoy Restaurant ». Pour les gourmands, je signale aussi les nouilles (jaunes) sautées au porc et aux légumes (mii chha bânlaé kroup mouk satch chrouk). Avec un café glacé, vous n'en aurez que pour dix mille riels (2,5 USD).

Les travaux du nouveau marché entraîné le déplacement de certains stands surtout sur les côtés sud et nord (un peu moins sur l’Est, comme je le disais dans l’épisode précédent). Le côté nord est pratiquement impossible d’accès par les voitures.









Partie centrale de la structure en croix du Nouveau Marché



Une petite photo de l’embouteillage permanent sur la place du nouveau marché, prise du tuk-tuk qui m’emmène au Wat Phnom.

jeudi 29 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 6 – Kuy tiev

Le chauffeur de tuk-tuk ayant ajouté un litre d’essence (3500 riels, le prix de l’essence a sensiblement baissé depuis l’an dernier à la même époque, où il approchait les 4500 riels, me semble-t-il) dans son réservoir et moi-même étant revenu de mon erreur, je lui annonce aussi clairement que je peux un « Psar Thmey », en le précédant d’un « Som toh » (Sorry) !
Je suis rassuré sur ma prononciation khmère quand je vois se profiler au bout de la rue la structure jaune, de style art déco, du « Marché central ».
Une partie du marché semble en travaux, et de ce fait des stands ont été déménagés vers l’extérieur, ce qui réduit sensiblement la largeur de la rue qui longe le marché sur l’Est, et n’arrange pas la circulation autour du marché, qui est déjà problématique en temps normal. Je vois le chauffeur du tuk-tuk qui hésite, alors je lui précise que je veux aller à l’ouest du marché.
Je l’arrête au coin dont je reconnais la configuration : à gauche de la ruelle qui mène à l’Asia Hôtel en direction du boulevard Monivong, dans une rue en diagonale, se trouve la station d’essence dont je me souviens bien. Sauf que... le restaurant n’est pas là ! Il a été remplacé par une boutique de téléphonie mobile (une de plus !). J’ai un petit pincement au coeur : je ne pourrai donc pas vérifier si le kuy tiev ou le lok-lak ont bien le même goût que l’an dernier.
Et du coup, il faut que je trouve un autre endroit où me sustenter. Il y a bien le café « Sentiment », au coin de la rue 128 et du boulevard Monivong, j’y trouverai du café frais, mais certainement pas une soupe aux vermicelles de riz. Il me semble avoir repéré en arrivant un restaurant bombé qui semble servir mes plats préférés.
La sacoche de mon ordinateur à bout de bras, je commence à marcher, vers l’Est. C’est du moins ce que je crois jusqu’à ce que j’arrive au coin de la rue et que je vois un restaurant, avec à gauche une rue en diagonale, au bord de laquelle se trouve... une station service ! La ruelle que j’avais prise pour celle menant à l’Asie Hôtel est en fait la rue 67, et c’est bien le petit restaurant que je cherchais que j’ai devant moi. Mon hésitation est cependant excusable : les trottoirs ont été dégagés, et le restaurant a été refait : nouveau sol, nouveau comptoir installé au fond à droite, et le coin cuisine a été déplacé au fond à gauche.
Mais pas d’erreur possible, je reconnais l’un des serveurs, c’est bien le restaurant où j’ai pris pratiquement tous mes petits-déjeuners en février 2008. Je passe ma commande : « Kuy tiev satch chrouk neung kafé khmao teuk kâk » (Soupe de vermicelles de riz au porc et café noir glacé), et je me régale. J’ajoute à l’ensemble une couple de ces beignets chinois gras à souhait (油条 yóutiáo : littéralement « long et gras », dont je ne connais pas le nom en khmer). Je règle ma note et vais me déguster un bon café frais et profiter de la connexion WiFi gratuite du café « Sentiment ».Je retrouve mes marques...

mardi 27 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 1, épisode 5 – Marché central

Attention, lorsque vous êtes à Phnom-Penh, de ne pas confondre le Marché Central et le Marché Central ! Vous risqueriez sinon d'être perdu, comme cela m’est arrivé lors de mes premiers pas hors de ma guesthouse à Phnom-Penh !
Je m’explique : lors de mes deux premiers voyages à Phnom-Penh, j’avais à chaque fois logé dans la même rue, près du « Marché Central » (Central Market, dit mon Lonely Planet). Ce marché est devenu pour moi un peu un point de repère, et, ne sachant pas où, ce 24 janvier 2009, aller prendre mon premier petit-déjeuner phnom-penhois de l’année, je décide de m’éloigner de la rue 104 où je loge, pour aller prendre le petit-déjeuner dans le petit restaurant qui se trouve à l’angle de deux rues, dans le coin sud-ouest de la place où se trouve le marché central.
J’explique donc au chauffeur du tuk-tuk que je veux aller au Psar Kandal. Logique : « psar » signifie « marché », et « kandal », « central ». Nous voici donc partis, en direction du sud. Arrivés à la hauteur de la route de l’aéroport, le chauffeur bifurque vers la gauche, pour longer le quai Sisowath pendant deux cent mètres. Bon, me dis-je, il veut éviter les embouteillages.
Il reprend sur la droite, et nous arrivons à hauteur d’un marché lambda, le tuk-tuk tombe en panne d’essence, et mon chauffeur met pied à terre et se met à pousser son véhicule, moi juché dessus. Il pousse, pousse, pousse... puis finalement se retourne vers moi pour me demander : « Tu veux descendre où ? » Et c’est là que je me rends compte que je me suis trompé ! Nous sommes bien au Psar Kandal (« marché central »), mais le marché où se trouve mon petit restaurant ne se trouve pas là, mais au Psar Thmey (« nouveau marché »), qui se trouve un peu plus au Nord.Je ne sais pas qui a eu l’idée saugrenue d’appeler « marché central » le « nouveau marché », d’autant plus qu’il existe déjà à Phnom-Penh un marché central... Le Lonely Planet explique que c’est à cause de sa position « centrale », et à cause de son importance. Mouais, un peu tirée par les cheveux, l’explication : un rapide coup d’oeil à une carte de Phnom-Penh vous suffira pour voir que ce marché n’est vraiment au centre de la ville.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 4 – Pochentong

(Il paraît que l’aéroport de Pochentong —prononcer Peau-tjiène-tongue—, nom de la localité où se trouve l’aéroport, a été rebaptisé en « Aéroport International de Phnom-Penh », mais le nom de Pochentong colle encore à cet aéroport.)

Je descends les escaliers qui mènent à la salle où se trouvent le service des visas, l’immigration et les tourniquets à bagages, et vois stupéfait une foule compacte de Chinois amassés devant le comptoir du service des visas ! Je ne comprends pas : bien que les ressortissants chinois puissent, au Cambodge comme en Thaïlande, obtenir un visa à la descente de l’avion, ils doivent malgré tout avoir le visa sur leur passeport le départ, sinon l’immigration chinoise ne les laisse pas quitter le territoire. Il n’y a donc pas de raison pour qu’autant de Chinois soient là à faire la queue pour avoir leur visa à l’arrivée !
Il ne s’agit en fait pas d’un groupe de Chinois, mais d’un groupe de Coréens. C’est bien ma veine ! Leur avion devait avoir du retard, car lors de mes deux derniers voyages, j’avais pris ce même vol FM833, et le hall d’arrivée était vide.
Malgré tout, j’ai mon visa assez rapidement. C’est la queue à l’immigration qui est un peu longue.
J’ai lu à plusieurs reprises que les agents de l’immigration cambodgien demandaient souvent aux voyageurs de payer un petit « extra » de quelques dollars, en toute illégalité. Cela ne m’est arrivé à aucun des trois voyages que j’ai faits depuis l’an dernier. Mais il est vrai que au dernier voyage, au départ, l’agent qui contrôlait le passeport d’Emilie lui avait demandé deux dollars, auxquels il a renoncé en voyant qu’Emilie était avec moi. Cette « taxe » ne s’appliquerait-elle pas aux Occidentaux ?
Je récupère ma valise presque immédiatement, et me dirige vers la sortie, où le taxi qu’a réservé pour moi Elvin, le patron de la guesthouse Velkommen où je dois loger lors de mon séjour à Phnom-Penh, m’attends, avec à la main une feuille de papier où sont écrits à la main, en majuscules, les mots « Velkommen » et « Pascal ». Dix dollars, tarif de nuit, pour me conduite de l’aéroport à la rue 104, sur le bord du Mékong. C’est moins que ce j’ai payé en janvier 2008 (quand un chauffeur de tuk-tuk m’a soutiré pas moins de 15 dols), et que les 12 dollars que m’a facturés le Frangipani Villa en novembre 2008.Me voici donc au Cambodge, pour mon quatrième voyage, qui va durer une quinzaine de jours.

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 3 – Shanghai-Pochentong

Après les consignes de sécurité habituelles délivrées par l’hôtesse, je commence à somnoler. Si je pouvais dormir jusqu’à Phnom-Penh, je ne verrais même pas passer les quatre heures que dure le vol...
L’hôtesse distribue les fiches de débarquement et les déclarations en douane. Voilà de quoi m’occuper pendant quelques minutes. Mes voisins chinois ont du mal à remplir leurs documents, qui sont en anglais et en khmer. Je les aide, et c’est le début d’une conversation assez intéressante, ma foi.
Ils sont en fait trois couples à voyager ensemble. Les hommes sont trois amis peintres. Ils semblent vivre assez bien de leur art, puisqu’ils voyagent fréquemment à l’étranger. Ils ne passeront qu’une nuit à Phnom-Penh, et partiront dès le lendemain matin pour Siemreap où ils prévoient de passer trois jours à visiter les temples, avant d’aller visiter Banteay Meanchey, où, me disent-ils, les paysages sont magnifiques. Banteay Meanchey... je n’y ai jamais pensé. Peut-être devrais-je raccourcir mon séjour à Battambang et renoncer à Kampong Chhnang ? Peu importe, Banteay Meanchey donnera l’un des prétextes au prochain voyage. Ils ne passeront que la dernière journée de leur voyage à Phnom-Penh. C’est vrai qu’une journée entière suffit bien, en pressant un peu le pas, pour visiter Tuol Sleng, le Musée national, le Palais Royal et la Pagode d’Argent, et le Wat Phnom
Nous bavardons un peu. En plus de peinture, monsieur Zhang Yi s’intéresse aussi aux meubles chinois anciens qu’il collectionne. Il partage ma préférence pour les meubles Ming, aux lignes élégantes, dépouillées, et trouve aussi que les meubles Qing ont un style beaucoup trop chargé.
Notre conversation est interrompue par l’arrivée des plateaux-repas. Je choisis le plat de riz, car je me souviens que les nouilles sont souvent assez infectes, sur Shanghai Airlines ! Mes voisins ont choisi les nouilles, et regrettent leur choix dès la première bouchée. Peut-être est-ce parce que j’ai faim, toujours est-il que je trouve que le riz au porc n’est pas aussi mauvais que je le craignais. Je dévore presque tout ce qu’il y a sur le plateau. 饥不择食 : celui qui a faim ne fait pas le difficile, dit le proverbe !
Les plateaux-repas débarrassés, monsieur Zhang me montre dans une revue un article sur Saint-Pétersbourg et sur le musée de l’Ermitage, qu’il a visité il y a un an ou deux. Il me dit que les collections de ce musée, qui a récupéré notamment des collections que s’étaient constituées les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, sont exceptionnelles. Peut-être irai-je en Russie, qui sait, lorsque je serai repu d’Asie Orientale... Autant dire que ce n’est pas pour demain, à moins que je n’aie l’occasion d’y aller dans le cadre d’un voyage professionnel ?
Nous parlons encore de musées. Je parle du Louvres, bien sûr, et du Musée d’Orsay, mais aussi du Musée de Taipei, qui est exceptionnel. Il me parle du Musée de la Cité Interdite, à Pékin, que je trouve pour ma part bien décevant : mal éclairé, mal entretenu, les objets ne sont pas mis en valeur... Je ne me souviens d’aucun objet du musée de la Cité Interdite, sauf peut-être vaguement de la collection d’horloges des derniers empereurs chinois, tandis que de celui de Taipei, je garde le souvenir du « morceau de porc » et du « chou chinois » en jade, où encore de la peinture Qingming shanghetu...
A mon humble avis, le seul musée de Chine continentale qui puisse se comparer, en qualité, à celui de Taipei est le Musée de Shanghai, dont les bronzes et les jades ont fait sur moi forte impression. Zhang, toujours à ses meubles, me signale que la collection de meubles du Musée de Shanghai est également intéressante. J’irai voir, la prochaine fois que j’aurais une matinée ou une après-midi de libre à Shanghai.
Notre conversation s’épuise.
Je m’endors finalement, pour me réveiller juste au moment où le commandant de bord annonce le début de la descente sur Phnom-Penh.
Comme d’habitude, l’atterrissage me fait un peu peur, et j’ai l’impression que l’avion se pose bien loin sur la piste, aura-t-il le temps de s’arrêter à temps ?
Au moment où l’avion s’arrête devant la porte de débarquement, Zhang et moi échangeons nos cartes de visite. Je l’invite à m’appeler la prochaine fois qu’il ira à Suzhou, lui m’invite à aller voir son atelier la prochaine fois que j’irai à Shanghai. Je le ferai probablement.Nous nous disons rapidement au revoir, et je me dirige au pas de course vers le comptoir des visas, en me disant que vu le petit nombre d’Occidentaux qui sont dans notre avion, je devrais pouvoir avoir mon visa en moins de dix minutes, et être dehors en moins de vingt...

dimanche 25 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 2 – Shanghai

Après avoir dégusté mes nouilles en prenant tout mon temps, je ressors du hall des départs pour aller me geler à nouveau dans le froid sibérien qui a envahi le Shanghai et la région depuis hier, pour une nouvelle pause cigarette.
Alors que je m’apprête à aller prendre mon mal en patience sur un fauteuil en lisant vaguement la suite du tome deux du roman Shujian enchoulu de Jin Yong que je n’ai pas encore fini, je vois que quelques personnes font déjà la queue devant les comptoirs de l’allée J, où doit se faire l’enregistrement pour le vol FM833 de la Shanghai Airlines à destination de Phnom-Penh, qui doit décoller à 20 heures. Il est à peine 17h30, une demie-heure devrait s’écouler encore avant que ne commence l’enregistrement, mais je me dis que puisqu’il faut attendre, autant le faire debout, en prenant la tête de la queue.
Devant moi, il y a déjà en fait une dizaine de voyageurs, dont une famille française, avec trois enfants qui ne tiennent plus déjà en place et qui jouent à chat dans l’allée J. J'imagine mon petit Léo en train de les regarder avec envie, mais n’osant pas les suivre, de peur des réprimandes que je lui ferais sans doute.
Les trente minutes passent finalement assez vite, et je retrouve rapidement avec ma carte d’embarquement. Siège 5D, une bonne place, près de la sortie, sur une allée, comme je l’avais demandé ; embarquement prévu à 19h30, porte 86. Nouvelle pause cigarette et nouveau coup de froid, avant de me dépêcher d’aller faire la queue à l’immigration. L’aéoport de Shanghai est grand, sa capacité a même été doublée il y a un an ou deux, mais l’attente à l’immigration reste malgré tout parfois interminable.
Alors que je m’approche de la queue, le fonctionnaire chargé d’orienter les voyageurs me jette un regard interrogateur et me tend de loin un exemplaire de la fiche jaune, et je me rends compte alors que j’ai effectivement oublié de remplir la petite fiche de sortie. Je le remercie d’un sourire.
Finalement, malgré les apparences, la queue avance vite et en moins de dix minutes je tends mon passeport au fonctionnaire de l’immigration, qui appose le tampon de sortie. C’est le premier tampon sur ce passeport flambant neuf que j’ai récupéré il y a à peine deux semaines au Consulat Général de France à Shanghai.
Juste après le contrôle de sécurité, je jette par acquis de conscience un coup d’oeil au panneau d’information, qui indique que la porte d’embarquement a changé : l’embarquement se fera porte 90.
Les nouilles de l’Ajisen Ramen m’ont calé, et je renonce au plat de boeuf au curry accompagné de riz blanc dont je me sustente habituellement dans l’un des restaurants de la zone d’embarquement, pour aller acheter directement ma bouteille de Glemorangie habituelle, qui accompagnera une partie de mon voyage et me suivra à Phnom-Penh, Battambang, Kampong Chhnang même, peut-être, si elle dure jusque là.
Nouvelle pause cigarette dans un « salon fumeurs » enfumé, sans ventilation et surpeuplé, puis je me dirige vers la porte 90... pour la trouver déserte. Serais-je le seul à avoir vu que la porte d’embarquement a changé ? Nouveau coup d’oeil à un au panneau d’information, l’embarquement se fera en fait porte 80 ! J’ai donc parcouru la moitié de l’aéroport pour rien. La sacoche est lourde, j’ai chaud. J’enlève mon pull-over et le fourre dans le sac en papier « duty free » qui contient ma bouteille de whisky, puis je fais demi-tour et parcours à nouveau la moitié de l’aéroport, dans l’autre sens.
Les tapis roulants sont d’une lenteur exaspérante. La sacoche qui contient l’ordinateur, l’appareil photo numérique, le disque dur amovible, les chargeurs, les câbles, mon exemplaire piraté du Lonely Planet et mon tome deux du Shujian enchoulu, pèse au moins une tonne ! Je suis en sueur. J’atteinds péniblement la porte 80, et je m’écroule dans un fauteuil. J'observe les gens, je vois que d’autres enfants occidentaux sont aussi du voyage.
L’hôtesse annonce enfin l’embarquement imminent, en chinois d’abord, puis dans un anglais approximatif, en expliquant l’ordre dans lequel cela devra se faire : d’abord les passagers de la classe affaires et les passagers ayant besoin d’aide, puis ceux qui sont assis au fond de l’avion et enfin les autres. Je souris intérieurement : ces instructions sont inutiles, car l’embarquement se fera comme d’habitude dans la cohue, dans le désordre le plus complet, les étrangers n’ayant pas compris les instructions, et les Chinois les ignorant royalement. J’attends encore que la majorité des passagers ait fait viser sa carte d’embarquement pour me présenter à la porte et faire viser la mienne.
J’espérais pouvoir accéder à ma place sans avoir trop à piétiner sur place, c’est raté : un voyageur met une éternité à ranger ses sacs multiples dans le compartiment à bagages, puis c’est un voyageur qui a pris la place d’un autre, et on tergiverse pour voir si l’on ne pourrait pas s’arranger.J’atteinds enfin mon siège pour me rendre compte que c’est un Chinois d’âge moyen, un peu corpulent, qui occupe le siège à côté du mien. Je suis un tout petit peu déçu : j’avais (très vaguement) espéré que j’aurais à côté de moi une jeune et jolie chinoise ou, mieux encore, une jeune et jolie cambodgienne, avec laquelle j’aurais pu lier connaissance, elle aurait voyagé seule, nous nous serions découverts de nombreux points d’intérêt commun et aurions décidé de faire le voyage ensemble...

samedi 24 janvier 2009

Nouvel an chinois 2009 au Cambodge : Jour 0, épisode 1

14h30 : Comme convenu, ma collègue Amandine passe me prendre. Elle part pour le Yunnan, moi je pars comme prévu au Cambodge. Je donc dois la déposer à l’aéroport de Hongqiao, avant d’aller prendre mon avion à celui de Pudong. Comme c'est le jour officiel de début des vacances de nouvel an, notre chauffeur nous a conseillé la veille de partir plus tôt. En fait, la circulation sur l’autoroute entre Suzhou et Shanghai est étonnamment fluide ! Résultat : Amandine arrive à Hongqiao à 15h30 (pour un embarquement qui doit commencer à 19 heures), et moi j’arrive à Pudong à 16h30 (pour un embarquement à 18 heures).J’ai donc une heure et demie à tuer. Je découvre avec plaisir qu’un restaurant de la chaîne Ajisen Ramen s’est installé au premier étage du hall d’embarquement de l’aéroport. Je vais donc m’offrir une soupe aux nouilles, avec porc et oeuf, et quatre (toutes petites) brochettes de « viande de porc noir ». 42 RMB le tout, tout de même ! Enfin, c’est à peu près dans la gamme de prix normale de la chaîne, il n’y a pas de surcoût. Ils ne peuvent tout de même pas s’empêcher d’ajouter d’office un petit sachet de serviettes en papier, payant bien sûr, le sachet. Un yuan ce n’est pas vraiment la ruine, mais cela fait partie des petits désagréments fréquents, très fréquents, trop fréquents, qui rendent un peu de mauvaise humeur...

mardi 20 janvier 2009

Un air de vacances...

Plus que deux jours avant le départ ! Samedi à cette heure-ci, je serai probablement en train de flâner dans les rues de Phnom-Penh (PP, comme disent les initiés), après un déjeuner sur le banc d’une échoppe du Marché Central.
A l’usine, la tension se relâche. Les commandes qui devaient partir sont parties, exception faite bien sûr des produits qui devaient être traités par notre machine ultra-moderne qui vient de tomber en panne et ne sera probablement pas réparée avant le nouvel an. Demain, pas d’équipe du soir, pas d’équipe de nuit non plus, bien entendu. La fermeture est prévue aux environs de 17 h.
Emilie et Léo sont déjà partis dimanche chez les grands-parents, je reste seul à la maison, à vider le congélateur...
Les vacances seront d’autant plus douces qu’elles seront peut-être prolongées, dixit ce matin le boss, d’une semaine supplémentaire, « si les commandes (attendues) n’arrivent pas ». Ça tombe bien : la date de retour de mon billet d’avion peut être modifiée ! Du coup, juste au cas où j’aurais effectivement une semaine de vacances de plus, j’ai jeté un rapide coup d’oeil au chapitre « Ratanakiri » de la copie piratée (je me suis fait avoir !), achetée à PP l’an dernier, du Lonely Planet. Ça fait envie. J’ai révisé aussi le chapitre sur Battambang et lu celui consacré à Kompong Chhnang.
Nous verrons bien...

lundi 19 janvier 2009

Plaisirs simples

Cela va peut-être sembler incroyable à ceux qui aiment la cuisine chinoise, mais l’un des aspects de la vie en Chine suscite le plus de plaintes de la part des expatriés français est la nourriture ! Il est étonnant de voir comment ces messieurs et ces dames font circuler entre eux les adresses des restaurants qui servent de la cuisine occidentale, ou des boutiques où l’on peut trouver du fromage ou du vin ! J’ai même connu un expatrié dont la plus grande fierté (et certainement la plus grande réussite) en ses deux ans d'expatriation était avoir pu trouver un boucher (français, bien sûr), capable de lui fournir de la bavette ! Et que dire des soirées où, entre collègues, nous nous sommes régalés des portions de ris de veau que préparait spécialement pour nous le cuisinier (français aussi, bien sûr) d’un grand hôtel local !
Certains vous diront (et je dois avouer que je ne suis pas loin d’être d’accord avec eux), que le problème de la nourriture en Chine ne vient pas de la gastronomie chinois, mais des restaurants. Dans bon nombre de restaurants, l’origine de la matière première, la cuisson, l’hygiène, la propreté, la qualité du service, l’addition même parfois... tout est approximatif.
Les pauvres expatriés que nous sommes n'avons parfois pas d’autre choix que de se sustenter dans les restaurants de luxe (de préférence sur le compte de la société qui nous emploie lorsque nous recevons des clients ou des collègues en mission), ou alors de trouver une source de matière première acceptable et de faire la cuisine chez soi.
Le tableau que je brosse semble bien noir… Honnêtement, il est un peu exagéré : on trouve de quoi se nourrir dans les restaurants chinois de Chine, assez correctement. Mais il est vrai que notre bonne cuisine de chez nous nous manque un peu, beaucoup, à la folie…
C’est donc avec bonheur que je redécouvre parfois que le plaisir des papilles ne passe pas forcément par un outrage à l’équilibre de mes comptes domestiques. Comme ce soir, par exemple. Je viens de me régaler de deux côtes de porc, accompagnées d’un boîte de flageolets (achetée il est vrai, la boîte, à prix d’or dans un supermarché français).
Il se trouve que l’on commence à trouver depuis peu, dans quelques supermarchés chinois, des côtes de porc qui ressemblent un peu aux nôtres. Ainsi, au Métro de Suzhou, je trouve assez souvent des côtes de porc d’une épaisseur suffisante (ne riez pas : l’épaisseur des côtes de porc chinoises ne dépasse en général pas le demi-centimètre, et encore). On les propose parfois sous une découpe que je ne connais pas en France et que je trouve intéressante : la chair, en oppostion de l’os, est prolongée du gras sous-jacent à la peau de l’animal porcin, surmontée elle-même de cette même peau de ce même animal. Une cuisson à la poêle, lente d’abord pour assurer la cuisson complète de la chair, puis à feu vif dans les dernières minutes pour dorer la surface carnée, permet d’avoir au final une peau et un gras qui ont perdu de leur nature huileuse, pour devenir croquants. Seuls regrets : d’une part, il ne s’agit pas de ces juteuses côtes de porc dans l’échine (l’échine en Chine est découpée en forme de rôti), et les bouchers de Métro, comme presque tous les bouchers de Chine, malheureusement, pratiquent la découpe d’une façon plutôt aléatoire (les épaisseurs respectives de mes deux côtes étaient loin d’être uniformes).
L’assaisonnement était simplissime : sel et poivre. Avouons tout de même que le sel était sous forme de fleur et venait de Guérande, et que le poivre (en grains) était contenu dans une mignonette française, qui faisait office de moulin.
Les flageolets n’avaient quant à eux rien d’extraordinaire. Une simple boîte de ces flageolets prêts à réchauffer. Seul raffinement, c’est dans le jus de cuisson de mes côtes de porc que ces flageolets l’ont été, réchauffés !
Le tout accompagné d’un morceau de pain acheté chez Franco Papa, boulangerie taïwanaise vendant du pain qui mérite le qualificatif de français, et le tour était joué.
Au bout du compte, manger en Chine peut n’être pas catastrophique. En neuf ans de présence, je n’ai d’ailleurs pas perdu de poids, j’ai même plutôt forci…

(Photo : Désolé, quand j'ai pensé à faire une photo, les côtes étaient déjà dévorées...)

mercredi 14 janvier 2009

La femme de ma vie

Je ne sais pas si cela transparait à la lecture de mes billets, que ce soit ici, sur Sinoiseries ou sur Sinogastronomie, mais lorsque je jette ma prose sur la place publique, c’est souvent à elle que je pense, m’accompagnant déguster les nouilles du Weiji, me donnant le détail de ce qu’elle veut dans son sandwich du petit-déjeuner acheté dans une ruelle de Taipei, ou encore m’expliquant que les recettes que je donne sont trop compliquées, et que de toute façon, elle n’a pas le temps de faire la cuisine.
Lorsqu’elle surgit dans mon esprit (ce qui arrive tous les jours sans exception), c’est souvent la chanson de Georges Brassens qui vient en fond sonore, vous savez, celle qui fait « Je m’suis fait tout p’tit devant une poupée... »
On est souvent incertain des suites que l’avenir réserve à une relation, mais cette relation-là, je suis sûr qu’elle ne s’arrêtera que lorsque la Grande Faucheuse viendra me demander des comptes. Et encore, qui sait ?
Ce que je trouve de particulier en elle ? C’est indéfinissable. Sa double origine franco-taïwanaise lui donne un charme inégalable. Elle est intelligente. Elle est belle. Elle a certes un caractère de cochon, elle peut être impitoyable, cruelle, mais je suis faible, et je lui laisse passer tous ses caprices.
Avec moi, elle est intransigeante. Elle critique ma façon de m’habiller, de me coiffer. Elle n’aime pas toujours mes amis, ni, surtout, mes amies. Elle pense que je suis trop vieux, trop gros, trop…
L’éloignement géographique (elle est en France, je suis en Chine) nous pèse à tous les deux, mais nous n’avons pas le choix. Malgré tout, malgré la distance et malgré le temps, jamais ne nous ne nous sommes éloignés l’un de l’autre. Il arrive que perdions tout contact pendant une, deux, voire trois semaines, mais cela n’a jamais d’importance, nous finissons toujours par nous retrouver.
J’ai peur parfois qu'un autre homme me l’enlève, j’ai peur de perdre un jour ma place dans son coeur, tout en sachant que cela devra fatalement arriver. Espérons que cela n’arrivera pas trop vite.
J’ai peur aussi qu’un autre la fasse souffrir, qu’il manque d’attentions, qu'il soit incapable de la comprendre comme je la comprends, de l'apprécier à sa juste valeur comme je le fais.

Son nom ? Benjamine, elle a seize ans… et c’est ma fille.











Neihu, Taipei, été 2008

dimanche 11 janvier 2009

Ombrelle et Kimono – Siemréap, novembre 2008

Je trouve enfin un peu de temps pour faire le tri dans divers papiers qui se sont accumulés depuis deux ou trois mois, et je retrouve par hasard la carte de visite de Jean-Yves, qui exploite le petit hôtel « Ombrelle et Kimono », à Siemréap.
C’est un peu par hasard et au dernier moment que nous avions choisi cet hôtel, la veille de notre départ de Phnom-Penh pour Siemréap.
Arrivés à Siemréap, à la descente de l’autobus nous attendait Mr. Borin, le chauffeur de tuk-tuk qui allait nous accompagner pendant toute la durée de notre séjour dans cette ville. (Digression : Mr Borin parle anglais, et il est très sympathique. Si vous allez à Siemréap et cherchez un chauffeur de tuk-tuk, prenez contact avec lui sans hésiter. Contactez=le par le biais de son site web : http://www.angkorwat-tuktuk.com/). Malgré toutes ses qualités, il ne connaissait par Ombrelle et Kimono. Mais un coup de fil suffit pour localiser l’endroit.
Installé dans un pavillon de plein pied, l’hôtel comprend cinq ou six chambres, très agréablement décorées, avec air conditionné, douche en plein air (le pied !), et accès Internet WiFi.
Les chambres donnent toutes sur la piscine creusée dans le jardin.
Le petit-déjeuner se prend sur le bord de la piscine.
(Prévoir tout de même 80 dollars la nuit.)
Adresse :
Wat Vo Road no. 557
Siemréap – Cambodia
Tél. : 092 774 313

Soupe de nouilles à la suzhoulaise : Le restaurant de nouilles Weiji

A mon arrivée à Suzhou en janvier 2000, explorant les alentours de la résidence où j’avais trouvé un appartement, je découvris assez rapidement un petit restaurant dont je devins très vite un habitué, et qui reste encore aujourd'hui l'un de mes préférés dans cette ville : le restaurant de nouilles Weiji (伟记奥面馆 wěijì àomiànguǎn). Il s’agit d’un petit resto sans prétention, contenant une salle d’une dizaine de petites tables de quatre places, et proposant une spécialité locale de nouilles.

Cette spécialité locale de nouilles, appelées littéralement « nouilles du fourneau noir » (奥灶面 àozàomiàn), a ceci de particulier que les nouilles sont servies dans un bouillon foncé (appelé ici « soupe rouge » : 红汤 hóngtāng), concocté lentement pendant de nombreuses heures, à partir d’ingrédients divers (poissons, carcasses de poulet, crevettes, bigorneaux d’eau douce, herbes et aromates). Le bouillon est filtré avant d’être servi. Pour être tout à fait honnête, cette spécialité de nouilles n’est pas originaire de Suzhou proprement dit, mais d'une localité rattachée administrativement à Suzhou, juste à la frontière de la municipalité de Shanghai : Kunshan (昆山 kūnshān). C’est d’ailleurs dans un restaurant de nouilles de Kunshan que le propriétaire du restaurant Weiji, Monsieur Jiang, a appris l’art de cuisiner le bouillon et d’accommoder les nouilles.

Les nouilles sont d’abord cuites à l’eau chaude, puis plongées dans le bouillon qui a préalablement été versé dans un gros bol, dont le fond a été garni de ciboulette hachée et de graisse parfumée. On commande ici les nouilles au poids : deux, trois ou quatre « onces » (两liǎng, une once pesant en l’occurence cinquante grammes), la portion « normale » étant celle de trois onces, deux onces permettant de satisfaire le gourmant qui n’est pas affamé, et quatre onces étant plutôt la portion du travailleur de force.

Outre les nouilles elles-mêmes, on commande aussi un, deux, voire trois accompagnements (浇头 jiāotóu). Les accompagnements les plus classiques sont : le porc cuit à l’étouffée (焖肉 mēnròu), le porc émincé aux pousses de bambou (扁尖肉丝 biǎnjiān ròusī), les crevettes décortiquées (水晶虾仁 shuǐjīng xiārén), les lanières d’anguille chinoise frite (鳝丝 shànsī), les champignons parfumés (香菇 xiānggū), la portion de canard mariné (卤鸭 lǔyā)... Il existe au moins un vingtaine d’accompagnements !

Le prix est plus que raisonnable : ce matin, les deux bols de nouilles (de deux onces chaque) accompagnés pour Emilie de porc émincé aux pousses de bambou émincées, et pour moi de porc cuit à l’étouffée et de crevettes décortiquées, ont coûté au total 14 yuan (moins de 1,4 euros !).

Si vous venez à Suzhou et si vous avez un peu de temps après la visite du jardin de l’humble administrateur ou de la forêt des lions (qui sont situés juste à côté), n’hésitez pas ! Voici l’adresse en chinois à donner à votre guide ou à votre chauffeur de taxi :

伟记奥面馆
苏州市白塔东路226号
(白塔东路与园林路十字路口)
Heures approximatives d’ ouverture : 6:00 à 18:00

(Version image à imprimer :)

vendredi 9 janvier 2009

Dîner de nouvel an

Tous les ans, juste avant les vacances de la fête du printemps(春节 chūnjié), autrement dit, du nouvel an chinois (过年 guònián), il est de coutume dans les entreprises d’organiser un grand repas de fête, auquel sont conviés tous les employés de l’entreprise. C’est le « repas de fin d’année », 年终聚餐 niánzhōng jùcān.
Lorsque l’entreprise compte un grand nombre d’employés, l’organisation de ce repas (qui peut être organisé le midi, mais qui s’appelle tout de même « repas de la nuit du nouvel an » : 年夜饭 niányèfàn) est une affaire d’importance : il faut choisir le lieu des réjouissances, définir un budget, discuter du menu, éventuellement préparer les jeux et tombolas... Il va sans dire que, comme toutes les entreprises organisent ce dîner au même moment et qu’en général, pour ne pas perturber le fonctionnement normal de l’entreprise, ce repas est plutôt organisé en fin de semaine, les restaurants sont pris d’assaut, et, si l’on veut pouvoir choisir l'endroit et la date, mieux vaut s’y prendre suffisamment à l’avance.
(Cela dit, en de début d’année 2009, la situation économique dans certains secteurs est telle que de nombreuses sociétés ont tout bonnement, pour des raisons financières, décidé de ne pas organiser de repas du tout, aussi nous a-t-il été facile, dans l’usine textile dans laquelle je travaille, de trouver un restaurant alors que nous nous y prenions au dernier moment.)
Lorsqu’il s’agit d’entreprises de petite taille, comme Parallels, mon agence de traduction, le problème est plus facilement résolu : on réserve une ou deux tables dans un restaurant, et le tour est joué. Nous avons pu ainsi nous régaler hier soir 9 janvier au restaurant cantonais Zen, à Suzhou (à recommander).
On peut également inviter à ces repas des fournisseurs, ou des clients. C’est également une bonne occasion de renforcer les relations commerciales. Il m’est ainsi arrivé d’être invité au dîner de nouvel an d’une des agences de traduction pour lesquelles je travaillais en free-lance lorsque j’étais à Taïwan.
A Taïwan, ce dîner est traditionnellement appelé 尾牙 wěiyǎ (l’origine de cette expression est assez obscure, il existe diverses interprétations, nous nous ne y attarderons pas). Sont conviés non seulement les employés de la société, des clients, et des fournisseurs, mais également les familles des employés. C’est une fête qui se place tout à fait dans la grande traditionnelle paternaliste de l’entreprenariat chinois : le patron offre à ses employés une fête pour les remercier de leur travail. Souvent, sont aussi organisés, après le repas, des jeux, des tombolas...

jeudi 8 janvier 2009

Petit-déjeuner à Shanghai

Ayant rendez-vous au consulat en début de matinée, nous sommes partis de Suzhou à sept heures, et sommes arrivés juste assez tôt pour prendre un petit-déjeuner express à Shanghai.

En Chine, il est courant de prendre le petit-déjeuner hors de chez soi. Si vous êtes plutôt pain beurré / café au lait, vous aurez peut-être un peu de mal à trouver votre bonheur à Shanghai, mais d’autres possibilités, multiples, s’offrent à vous.
Pour vous donner une petite idée, notre petit-déjeuner de ce matin 8 janvier 2009 se composait de la façon suivante :
- un bol de won-ton petit modèle (小馄饨 xiǎo húndùn) : une quinzaine de petits raviolis composés d’une petite feuille carrée de pâte de farine de blé avec une farce au porc hâché et assaisonné, le tout cuit dans de l’eau claire, mais servi dans un bouillon de porc parfumé à la ciboulette hachée (il existe une variante du bouillon, agrémentée de filaments d’une omelette nature ayant la finesse du papier) ;
- une portion (quatre exactement) de petits pains fourrés au porc et frits (生煎 shēngjiān) : petits pains fabriqués à partir d’une pâte semi-levée (la pâte est utilisée avant d’avoir eu le temps de lever complètement), dans laquelle est enfermée une petite boulette de porc haché et assaisonné, légèrement sucré. On intègre généralement à la farce un peu de gelée fabriquée à partir de peau de porc, hachée menue et cuite un temps certain dans de l’eau, si bien que, lors de la cuisson du petit pain sur une plaque métallique généreusement huilée, la gelée fond et on a au final un petit pain plein d’une soupe parfumée succulente. Attention : la soupe s’intègre à la pâte peu de temps après la cuisson, aussi faut-il vraiment déguster les shengjian tout de suite après la cuisson. (Malheureusement, la peau des petits pains de ce matin avaient déjà eu le temps d’absorber la soupe !) ;
- un petit pain frit avec un soupçon de farce de légumes (蟹壳黄 xièkěhuáng) : spécialité fabriquée à partir d’une pâte à base de farine de blé, feuilletée et très friable en surface, saupoudrée (en surface également) de graines de sésame.

La partie liquide de ce petit-déjeuner était simplement constituée par le bouillon des won-ton.
Le tout fut dégusté dans une échoppe minuscule (pas plus de quatre tables), dans une ruelle adjacente au bâtiment qui abrite le Consulat Général de France à Shanghai.

Bon appétit !