dimanche 15 août 2010
Chinoiseries administratives : Volet 3
(Les deux premiers épisodes de la saga sont disponibles respectivement ici, et ici.)
Pour résumer, et pour les raisons évoquées précédemment sur ce blog, notre petit dernier Léo avait quitté la Chine muni d’un laissez-passer à aller simple et usage unique, et s’était honteusement vu refuser un visa chinois par les services consulaires de l’Ambassade de la République Populaire de Chine auprès du Royaume du Cambodge. La solution, nous avait-on dit, était d’aller tenter de solliciter un visa auprès de la représentation diplomatique de ladite République Populaire de Chine en France.
Nous voici donc à la mi-juin 2010 au service des visas de l’Ambassade de France à Phnom-Penh, pour solliciter un visa pour Emilie, fière citoyenne de la Grande Chine et munie d’un passeport de ce pays, et non pour Léo, puisque ce dernier est armé depuis sa plus tendre enfance d’un passeport de la glorieuse République Française. Malgré une attente assez longue et désagréable à la porte du service des visas, dans la rue, sous le soleil et dans la chaleur moîte du mois de juin au Cambodge, c’est sans difficulté qu’Emilie obtient son visa de trois ans à entrées multiples, apparemment dû à tout conjoint de ressortissant de l’espace Shengen. Et c’est donc sans difficulté que nous prenons début juillet l’avion à Phnom-Penh pour nous rendre à Paris, via Bangkok, pour un séjour de deux semaines au pays du steak tartare, du vin de Bordeaux et des fromages à pâte molle.
Aucune difficulté non plus à l’arrivée à Paris, où les contrôles à l’immigration sont une simple formalité. Je me disais que cela ne pouvait pas durer, et que l’obtention d’un visa pour Léo allait être une autre paire de manches, d’autant plus qu'un contrôle renforcé et des conditions draconiennes semblent depuis peu être imposés aux demandeurs gaullois de visas chinois (voir ici).
Il semblerait en effet, d’après les informations glanées sur le web, confirmées plus tard par un placard apposé sur la devanture du service des visas de la République Populaire de Chine à Paris, qu'il devienne aussi difficile pour un descendant de Napoléon d’obtenir un visa pour le pays de Mao qu’inversement.
C’est donc avec une appréhension certaine que notre petite famille se rend aux Champs Elysées, pour aller déposer, les mains tremblantes, une demande auprès du service des visas de l’ambassade de Chine en France, situé désormais rue de Washington.
J’avais en mon fort intérieur préparé le discours le plus virulent, les arguments les plus idoines, et même, en dernier recours, les insultes chinoises les mieux choisies, pour appuyer la demande de visa de mon rejeton au cas où l’on nous ferait des difficultés.
Après avoir longuement patienté (les demandeurs de visa chinois sont légion et l’attente dans l’antichambre de la salle où sont alignés les guichets délivreurs du sésame est longue), nous voici donc devant la préposée cachée derrière son hygiaphone. Je laisse le soin à Emilie d’exposer la situation de son unique enfant, dans la langue maternelle de la préposée susmentionnée. Nous nous étions munis de tous les documents qui nous jugions utiles, mais n’avions ni billet d’avion aller-retour, ni certificat d’hébergement, ni attestation d’assurance internationale, ni certificat de travail ou attestation de revenus. Bref, aucune des pièces qui, selon les dernières instructions du Ministère chinois des Affaires étrangères, devaient être présentées pour tout Français à l’appui d’une demande de visa pour la Chine.
Autant vous dire que j’étais inquiet, et plutôt sceptique quant au résultat de notre sollicitation.
A ma grande surprise, la préposée semble se contenter du certificat de naissance du garnement et du livret de mariage sur lequel ma belle et douce Emilie et moi-même sommes en photo, en plus des passeports de l’intéressé et de sa génitrice. Prudent, je demande même à la préposée s’il est utile que je lui donne une copie de mon visa de résident (auquel j’ai droit puisque je suis le principal actionnaire et représentant légal d’une société de droit chnois, même si ladite société est minuscule). Pas la peine, me dit-elle.
L’absence de sourire sur son visage et son ton un peu sec me déplaisent, mais finalement, pas plus que le manque de sourire et le ton un peu sec dont me gratifierait n’importe quel agent de l’Etat français. Il me semble pas que ces manifestations doivent être interprétées comme étant des signes de mauvais augure.
Je garde donc pour moi mon discours, mes arguments et mes insultes, en me disant qu’ils pourraient me servir cinq jours plus tard, délai prévu pour l’obtention du visa, pour le cas où nous nous verrions opposer une fin de non recevoir.
C'est donc encore inquiet (un peu moins, cependant, je l’avoue) que je me présente à nouveau, escorté d'Emilie et de Léo, rue de Washington. Mes craintes étaient bien vaines : après paiement (obligatoirement par carte de crédit, qu’on se le dise) des frais du visa, nous voyons avec soulagement sur le passeport presque vierge du garçonnet figure le joli autocollant qui permettra au jeune homme de séjourner dans son pays natal pendant le mois que sa maman prévoit de passer auprès des siens !
C’est donc passé comme une lettre à la poste. Je m’en réjouis, et du coup mon ressentiment auprès des autorités administratives de l’Empire du Milieu s’apaise un peu.
Peut-être sera-t-il ravivé lorsque je voudrai demander pour le dernier de mes héritiers un titre officiel de séjour ? Ce sera certainement le sujet du quatrième volet de la saga...
samedi 12 juin 2010
Le bonheur tient à peu de choses
Heureusement que l’épaule d’agneau agréablement accompagnée de flageolets était là pour faire passer le vide désagréable qui hante la cavité buccale de tout gourmand quand il lui manque ces petits riens qui transforment le manchon de poulet le plus banal en un souvenir gastronomique impérissable.
« D’où viennent-ils d’ailleurs, ces flageolets, s’il m’est permis de poser la question ? », demandai-je à l’aubergiste, en précisant, à titre de justification : « Les flageolets accompagnent magnifiquement les côtes de porc dans l’échine, salées de préférence avec du fleur de sel de Guérande, que je fais lentement revenir à la poêle dans un peu de matière grasse, les flageolets étant ensuite rapidement mis à chauffer dans la poêle où ont cuit les côtelettes... »
Malgré une hésitation visible, n’ayant pas le coeur à m’asséner un coup de plus, le tenancier lâcha du bout des lèvres le nom de sa source : « Thai Huot !
- Comment ? (son long séjour au Cambodge ne lui a pas encore permis d’atteindre la perfection en matière d’intonations asiatiques)
- Thai ... Huot, répéta-t-il en détachant bien les syllabes et en articulant.
- C’est le supermarché chinois qui se trouve sur le boulevard Monivong, à peu près la hauteur du marché central ?
- Oui, oui, c’est ça ! » s’empressa de préciser son épouse cambodgienne se mêlant opportunément à la conversation
Et dire que je suis passé cent fois devant ce supermarché dont le nom m’évoquait plus un établissement chinois dans lequel je prévoyais vaguement de faire une visite un jour où je serais en manque d’ingrédients pour confectionner tel ou tel plat chinois.
- « D’ailleurs », précisa l’aubergiste, « vous y trouverez aussi du vinaigre balsamique... et peut-être même des pignons de pin ».
Ces informations précieuses ne tombèrent pas dans l’oreille d’un sourd, et, dès le surlendemain, sur le chemin du retour d’une visite administrative à l’ambassade de France à Phnom-Penh, Emilie et moi-même fîmes une halte dans cet établissement.
Vinaigre balsamique, pignons de pin, feuilles de laurier, curcuma en poudre... tout y était, de même que jambon de bayonne, fromages, vins, terrines, pain frais... Le bonheur, en somme !
...
Mon banquier a dû bondir sur sa chaise quand il a vu arriver le relevé de carte de crédit émanant de ce commerce, dont il m’a été confirmé a posteriori qu’il était le lieu d’approvisionnement priviligié des Français gourmands exilés dans la capitale du petit royaume du Cambodge.
Thai Huot : 103-105, bd Monivong (près de la gare) / Tél. 023 724 623 - 023 884 622
mardi 30 mars 2010
Délocalisation
Dix ans de Chine… En y repensant, même si partir est pour moi un vrai bonheur, la Chine m’a tout de même apporté beaucoup, sur des plans divers.
Du point de vue linguistique d’abord : mon niveau de chinois s’est très sensiblement élevé.
Du point de vue gastronomique ensuite : même si la colère que je nourris contre l’industrie chinoise de la restauration ne s’éteint pas, j’ai découvert des saveurs, des préparations, des produits qui sont largement dignes d’intérêt.
Du point de vue personnel enfin : en même temps que mon humble personne, je libère de la coupe des autorités chinoises une épouse et un petit bout de chou qui font mon bonheur.
Des regrets, alors ? Que nenni ! Je suis content de ne plus avoir à m’indigner que de loin de la façon d’agir du Pouêt-Cot-Cot, de ne plus avoir à m’accommoder de l’impolitesse, de l’incivilité, de l’arrogance grandissante de nombreux descendants du dragon, de ne plus avoir à rechercher des solutions plus ou moins efficaces pour accéder à certains sites de la Toile.
Le Cambodge me paraît beau, ses habitants souriants, sa nourriture excellente, sa langue passionnante, son climat à mon goût...
Ne serait-ce pas « tout nouveau tout beau » me demanderez-vous peut-être ? C’est possible. Dans dix ans peut-être, je rédigerai ici un billet pour médire du petit royaume et expliquer pourquoi j’ai décidé de me relocaliser en Thaïlande ou en Papouasie-Nouvelle Guinée.
En attendant, je profite de l’instant présent, et je me dis une nouvelle fois que je n’ai pas encore envie de rentrer, pas tout de suite...
samedi 27 mars 2010
Vingt-six jours, le temps qu’il faut pour faire un père célibataire
Cette absence contrainte, pour laquelle nous devons remercier la décision des autorités chinoises de ne pas accorder de visa à junior (pour les tenants et aboutissants de cette affaire, voir ici et ici), a fait de moi, à mon corps défendant, un père de famille célibataire, devant jongler entre dossiers de traduction, achats du quotidien, crèche, couches et biberons.
La perspective de passer un peu de temps en tête-à-tête avec le petit garnement plein de vie et de malice qu’est Léo m’avait à vrai dire un peu effrayée. J’avais imaginé le pire : crises de larmes incessantes, hurlements, perte de sommeil, refus de s’alimenter, yeux au bord de la cécité à force de pleurer, fugue… D’autant plus que le stratagème que nous avions imaginé de façon impromptue pour expliquer au petit Léo la raison du départ de sa très chère maman en pleine nuit (pour aller prendre son vol de 23 heures 55 pour Shanghai), était pour le moins fantaisiste : papa, en descendant une valise, avait aperçu sur le bord du fleuve un énorme serpent, que maman avait derechef décidé d’aller chasser, et si elle tardait à rentrer, c’était tout bonnement parce que ledit serpent était incroyablement rusé et déjouait tous les pièges qui lui étaient tendus.
Léo, d’ailleurs, n’a pas manqué de s’enquérir des derniers développements de la chasse au reptile lorsque, quelques jours plus tard, le visage de maman est apparu sur l’écran de l’ordinateur, par le biais du logiciel de messagerie instantanée : « 妈妈,大蛇抓到了吗? » (Maman, tu l’as attrapé le gros serpent ?), avait-il demandé d’un ton irrité. Une autre fois, me voyant peut-être un peu abattu, , il avait voulu me consoler en me rappelant que « 妈妈去抓大蛇了! » (Maman est allée attraper un gros serpent !).
Mais force a été de constater, au bout de trois ou quatre jours, qu’un enfant de cet âge peut s’habituer à tout ! Léo a en effet très vite compris que c’était désormais papa qu’il fallait appeler dans son sommeil pour avoir droit au biberon réparateur, que c’est sur ledit papa qu’il fallait compter pour le changement de couche, la préparation du cartable et le transport scolaire, et n’appelait plus maman que lorsqu’il avait un gros chagrin, essentiellement lorsque l’une de ses bêtises lui valait une claque sur les fesses.
L’absence d’Émilie a été l’occasion pour nous d’augmenter le « temps de travail » du petit : le nombre de demi-journées passées àà la crèche-maternelle française de la rue 21, Tchou-tchou , est passé de six à dix. Le marmot n’a pas bronché, et s’est en plus fait des copains et des copines parmi les enfants de l’association Pour un sourire d’enfant, qui viennent passer trois après-midi par semaine dans cet établissement.
Finies également les crises de larmes lors du lâcher du diablotin dans la cour de l’école le matin : avec un peu de réticence au début, il a finalement accepter de relâcher son étreinte sur la main paternelle, à laquelle il se cramponnait comme s’il s’agissait de la seule bouée de sauvetage disponible au milieu d’une mer déchaînée, pour me lancer un triste « Au revoir papa, à tout à l’heure... », avant de me voir tourner le dos pour enfourcher le tuk-tuk qui nous avait amenés et m’emportait pour la journée vers mes mystérieuses activités d’adulte. Les choses ont tellement bien évolué, que c’est désormais en courant qu’il passe le portail de l’école en criant un retentissant « Bonjour » à l’adresse des personnes se trouvant déjà sur le site, pour se précipiter dans la salle de classe y déposer son cartable, et que ce n’est que grâce à l’aimable insistance de ses jolies maîtresses qu’il daigne se retourner pour me gratifier d’un « au revoir » marmonné à la hâte et d’un petit signe nonchalant de la main. Il arrive même parfois qu’il faille employer la manière forte pour lui faire quitter ses maîtresses et ses copines (il préfère apparemment, et de loin, la compagnie féminine – ne lui en voulez pas, c’est visiblement une maladie héréditaire) et le faire rentrer au domicile familial.
Après moultes essais infructueux, j’ai même réussi à mettre au point la technique de shampooinage parfaite, qui permet de nettoyer sa petite tignasse sans inonder son visage et ses yeux de savon, et de lui faire accepter sans trop de difficultés la douche quotidienne.
J’ai découvert aussi avec lui les longues promenades vespérales, se tenant habituellement après le retour de l’école et la fin des émissions de TiVi 5, et le dîner, promenades à l’occasion desquelles j’exhibe fièrement le dernier avatar de ma progéniture aux yeux ébahis des habitants du quartier de Chroy Changva (ជ្រោយចង្វា), sur la rive orientale du fleuve Tonlé Sap (et non du Mékong, comme je l’ai prétendu par ignorance géographique dans des billets précédents). Cela a été l’occasion pour moi de faire un peu d’exercice physique en même temps que quelques rencontres, et d’essayer d’améliorer mon khmer en bavardant avec la petite jeune fille dans la boutique de laquelle nous nous approvisionnons en eau, en bière (pour moi) et en soda (pour le môme).
Finalement, la maman absente est rentrée au bercail hier soir. Cela a été l’occasion pour moi de réserver à Léo une suprise de taille : j’ai en effet expliqué que nous allions, en pleine nuit, admirer les gros avions à l’aéroport, si bien que le petit s’attendait à beaucoup de choses, mais pas à voir sa maman sortir de l’aéroport. Il en est d’ailleurs resté baba, incapable de gazouiller comme il le fait d’habitude, blotti contre le sein maternel, un sourire béat aux lèvres, pendant toute la durée du trajet du retour à la maison.
Quant au gros serpent, rassurez-vous : maman l’a attrapé, mais plutôt que nous le servir à dîner, elle a décidé de le laisser dans un zoo. Peut-être irons un jour lui faire une petite visite, avons-nous d’ailleurs promis au gamin.
mardi 23 mars 2010
Censure chinoise : Google jette l’éponge
Cette décision de Google, prématurément annoncée en début d’année, avait fait des ramous et ému nombre de medias occidentaux. Qu’en dire aujourd’hui ?
Il faut tout d’abord savoir qu’en Chine, le premier moteur de recherche Internet n’est pas Google, mais son avatar local, Baidu (www.baidu.com). Le fait que ce site soit à la botte de la propagande du Pouêt-Cot-Cot et les révélations récurrentes sur les pratiques douteuses du moteur de recherche local n’y font rien, les Chinois, par nationalisme peut-être, continuent à préférer Baidu.
Les mauvaises langues diront que Google, dont l’implantation en Chine n’est pas un succès, cherche à sortir du guépier chinois la tête haute, en redorant aussi un peu son blason après les critiques dont il a fait l’objet pour avoir livré aux autorités chinoises, conformément à la loi locale, des informations compromettantes sur des Internautes trop critiques à l’égard du régime.
Mais c’est peut-être aussi une réaction saine à l’environnement chinois qui, malgré les protestations des autorités compétentes, est en train de se détériorer lentement et sûrement. Je veux parler ici de la remise en question de la politique d’ouverture vers l’étranger. Malgré ce qu’en posent les optimistes, il me semble en effet que la Chine est en train de se refermer sur elle-même. Le régime profite du regain de nationalisme de sa population, qui n’est certes pas convaincue par un parti unique qui règne sans partage depuis plus de soixante ans, mais qui veut être fière de son pays, et qui réagit vivement aux critiques, même si elles sont parfois fondées, que l’Occident exprime envers son pays.
Pour ma part, je soutiens cette decision de Google. Il me semblerait judicieux de durcir un peu le ton envers les autorités chinoises, qui ne jouent pas franc jeu. Le fameux slogan « un pays, deux systèmes » (一国两制), qui sert à designer le régime special appliqué à Macao et à Hong-Kong, qui jouissent d’une autonomie et de libertés beaucoup plus grandes que le reste de la Chine, pourrait être facilement détourné pour s’appliquer intra muros, aux entreprises étrangères qui sont en théorie soumises aux mêmes lois que les entreprises locales : la rigueur de la loi s’applique sans fléchir aux sociétés étrangères qui apportent en Chine capitaux et savoir-faire, tandis qu’elle s’applique de façon plus « souple », dirons-nous, aux entreprises locales qui se jouent sans vergogne des dispositions légales sur le travail, entre autres.
Je viens de passer dix ans en Chine, et si j’en retiens quelque chose, c’est que, si l’on veut se faire respecter par ce pays, il faut faire preuve de fermeté. Un proverbe chinois dit que l’on a peur des forts et que l’on abuse des faibles (欺软怕硬 qī ruǎn pà yìng). Cessons donc d’êtres faibles !
vendredi 26 février 2010
Chinoiseries administratives – bis repetita non placent
Émilie, fière maman de Léo et épouse vénérée de mézigues, prévoyait dès le début de rentrer en Chine début mars pour liquider notre patrimoine local avant de s’installer au pays des temples d’Angkor. Nous y sommes.
Chinoise, patriote et détentrice du passeport idoine, pas de souci pour elle pour pénétrer sur le territoire de la très glorieuse République Populaire de Chine. Pour ma part, ma qualité de représentant légal de ma petite agence de traduction me donne droit à un visa de séjour d’un an, donc pas de souci non plus. Reste le petit Léo qui, rappelons-nous en, a quitté la Chine Chinois et pénétré au Cambodge Français.
Armés de son passeport à peine usagé, nous nous présentons au service des visas de l’Ambassade de la République Populaire de Chine au Royaume du Cambodge à Phnom-Penh, pour lui faire établir le visa (visa familial d’un an à entrées multiples pour nous simplifier la vie, prévoyons-nous), pour nous entendre dire : « Ah bon, vous voulez un visa pour votre fils ! Mais dites-moi, où donc est le visa de sortie du jeune homme, puisque ledit jeune homme vient de Chine ! »
« Il n’a pas de visa de sortie sur son passeport français parce qu’il a quitté la Chine avec un laissez-passer que les autorités de votre magnifique pays ont eu l’infinie bonté de lui délivrer ! »
« Ah ! Mais ça change tout ! Vous le considérez peut-être comme Français, mais il est Chinois ! Pour devenir Français à part entière, il faut qu’il se rende à l’ambassade de Chine du pays qui veut bien le prendre sous l’aile de sa nationalité pour déclarer en bonne et due forme qu’il renonce (quelle honte !, soit dit entre nous) à la glorieuse nationalité chinoise, alors seulement il pourra humblement solliciter un visa pour pénétrer sur le sol de la mère-patrie qu’il a osé bafouer, et on verra si on le lui octroie, ce visa ! »
« Bon, ben, », proposons-nous tête basse, « on va rentrer en Chine avec son laissez-passer alors ? »
« Que nenni ! Ledit laissez-passer est à sens et à usage unique ! Il l’autorise à quitter la Chine, mais pas à y rentrer ! »
Résumons : pour les autorités chinoises, Léo est de nationalité chinoise, mais n’a pas le droit de rentrer dans son pays. Logique ! Il est porteur d’un passeport français, il est donc reconnu comme français par le Cambodge, la France, et le reste du monde, mais pas par les autorités chinoises, puisque la Chine ne reconnaît pas la double nationalité et qu’il est chinois ! Logique !
Nous devrons donc, si nous voulons que Léo rentre en Chine voir ses grands-parents maternels ou vivre avec moi qui dois rentrer en Chine pour exploiter la société de droit chinois que j’y ai créée, que nous rentrions en France pour lui faire déclarer qu’il abandonne la nationalité chinoise et solliciter pour lui un passeport.
Je soupçonne que l'ambassade de Chine en France n’acceptera pas que je fasse seul cette déclaration, il faudra donc qu’Émilie (furieuse contre le Pouêt-Cot-Cot en l’occurence) vienne avec moi. Il faudra donc demander pour elle un visa pour la France...
Je vous raconterai la suite de nos aventures sino-administratives lorsqu’elle se dérouleront.
En attendant, mon fils de deux ans et demi et moi-même allons passer quelque temps en tête-à-tête à Phnom Penh, et je retournerai en Chine gérer mon entreprise quand Émilie reviendra au Cambodge, où elle passera à son tour un peu de temps en tête-à-tête avec le garnement....
lundi 22 février 2010
La femme idéale
Enfin, vous n’imaginez peut-être pas, finalement, si vous n’êtes pas comme moi un inconditionnel de Jin Yong. Alors plantons un peu le décor...
Jin Yong (金庸) est LE romancier chinois contemporain le plus lu, le plus connu et le plus incontesté aujourd'hui en Chine, que ce soit en Chine continentale, à Hong-Kong ou à Taiwan.
Si vous avez suivi les cours de littérature chinoise moderne aux Langues’O ou dans quelque autre vénérable institution du genre, vous serez peut-être étonné de cette affirmation péremptoire, car le nom de cet auteur n’aura probablement jamais été mentionné pendant les longues séances pendant lesquelles vous vous serez échiné à comprendre le sens caché de l’oeuvre d’un Lu Xun, d’un Mao Dun, ou d’une Bing Xin. Ou peut-être me demanderez-vous pourquoi calors ’est Gao Xingjian qui s’est vu décerner le Nobel de littérature en 2000, et non Jin Yong ?
Les raisons m’en semblent simplissimes. Tout d’abord, Jin Yong est auteur de romans populaires, et il est bien connu que la littérature populaire, qu’elle soit écrite à Pékin, à Paris, à New-York ou à Londres, est trop populaire, justement, pour être reconnue à la vraie valeur qui est parfois la sienne par les critiques de tout poil. Jin Yong non seulement écrit des romans populaires, mais en plus il s’agit de romans de kungfu (de cape et d’épée à la sauce de soja, si vous préférez), genre des plus douteux, et qui compte effectivement un nombre impressionnant d’opercules dont les pages ne seraient même pas dignes de me dépanner un jour de pénurie de papier hygiénique. De surcroît, Jin Yong est hongkongais, et il est bien connu, n’est-ce pas, que tout ce qui vient de Hong-Kong ne peut être que superficiel et sans véritable valeur. Il n’empêche qu’il ne vient à l’idée de personne de critiquer Jin Yong sur la qualité de sa langue ou sur les qualités littéraires de son oeuvre, et que de nombreux exégètes en herbe usent leurs stylos à commentaire l’oeuvre. D’autant plus que Monsieur Louis Cha (查良镛) (Jin Yong n’est que son nom de plume martiale) est par ailleurs un intellectiuel chinois des plus sérieux. Cependant, si vous en avez l’occasion, faites l’expérience : parlez de Jin Yong à votre prof de littérature chinoise moderne. S’il est français, il y a de fortes chances qu’il vous regarde avec de gros yeux en vous demandant de qui il s’agit. S’il est chinois, il se contentera probablement de vous adresser en guise de réponse une moue de dégoût.
Qu’importe ! Je reste campé sur mes positions, et je soutiens mordicus que Jin Yong est l’un des plus grands écrivains chinois contemporains.
Parmi la petite quinzaine de romans de cape et d’épée de cet auteur, mes préférés sont, dans le désordre : Ludingji (鹿鼎记), Xiaoao jianghu (笑傲江湖), Tianlong babu (天龙八部) et celui qui est le prétexte à ce billet : Shendiao xialü (神雕侠侣).
Je ne vous raconterai rien de l’intrigue, na ! Vous n’avez qu’à apprendre le chinois et à lire le roman dans le texte. En revanche, je vous parlerai de l’héroïne du roman Xiaolongnü 小龙女, littéralement « la petite fille dragon », alias Long guniang 龙姑娘, « Mademoiselle Long » (car Long 龙 est en effet son patronyme).
Quand, dans le roman, on fait sa connaissance alors qu’elle a une quinzaine d’années. Elle recueille presque par hasard et un peu sous la contrainte, Yang Guo 杨过, le personnage principal du roman, qui deviendra son compagnon et qui, eventually dirait-on de l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique, atteindra un niveau de maîtrise des arts de combat dépassant même celui de Guo Jing 郭靖, le personnage principal du Shediao yingxiongzhuan (射雕英雄传), que j’ajoute au passage à la liste de mes romans jiniens préférés. Xiaolongnü est douce, d’une beauté irréelle, toujours vêtue de blanc, experte en arts martiaux, amoureuse fidèle et ingénieuse. Elle soutient son Yang Guo 杨过 dans l’épreuve, l’initie aux techniques martiales les plus obscures. Après une séparation de plus de dix ans, les héros se retrouvent pour ne plus se quitter. On apprend seulement plus tard, au hasard d’une scène du Tianlong babu, qu’ils auront une fille, qui aura hérité du talent de son père et de la beauté de sa mère.
Les inconditionnels du roman, comme moi, vouent un culte irraisonné à cette jeune femme. Quand on me demande qui est mon idéal féminin, c’est sans réfléchir et sans hésiter que je lance le nom de Xiaolongnü. À chaque fois qu’est annoncé le tournage d’une version cinématographique du roman (il y en a déjà eu 14 entre 1960 et 2004, excusez du peu !), tous les fans s’interrogent sur le nom de l’actrice à laquelle le rôle sera confié, et tous les fans sont inconditionnellement déçus, car aucun des avatars n’a jamais été et ne sera jamais à la hauteur de l’image mentale que chacun d’entre nous s’est formée de son héroïne à chaque nouvelle lecture du roman (que je suis en train de lire pour la quatrième fois en ce moment).
Vous comprenez mieux mon émotion, maintenant ?
Mais assez de suspens, voici la photo de Mademoiselle Xia Meng 夏梦, égérie hongkongaise de Jin Yong. Comme il fallait s’y attendre, Mademoiselle Xia fait bien pâle figure par rapport à ma Xiaolongnü rêvée. Mais comme sa famille est originaire de Suzhou, disons que je lui pardonne à demi. (J'ai piqué la photo ici. Vous verrez sur ce lien d'autres photos de l'actrice, dont une en compagnie de Jin Yong.)
samedi 20 février 2010
Mots d’enfants : les papayes et les « mamayes »
Pour le « forcer » un peu à apprendre le français, j’entretiens sur mon ordinateur une collection de photos : animaux divers, voitures, trains, avions, légumes et fruits. Le jeu auquel nous jouons presque tous les jours consiste à retrouver le nom de ce que l’on voit sur la photo.
Quand il y a un couple de chiens, par exemple, il y a bien entendu le papa chien et la maman chien.
C’est probablement la raison pour laquelle le petit monstre, quand il voit, dans la série « fruits », la photo montrant deux papayes, soutient mordicus qu’il s’agit d’une papaye et d’une « mamaye » ! « Mdr », comme dirait Benjamine, la grande soeur.
À vous de juger :
mardi 2 février 2010
On peut être moine et avoir l’esprit joueur...
Titillé par un « teuk, teuk » incessant à l’extérieur, je jette un coup d’oeil de la fenêtre du premier étage où se trouve notre petit deux pièces, pour découvrir quatre ou cinq jeunes moines de la pagode voisine (Wat Puthi Yaram វត្តពោធិយារាម) jouer à une sorte de jeu de volant dont j’ai oublié le nom (il s’agit de maintenir en l’air un volant en le faisant monter en l’air à coups de pieds).
C’est la couleur des sous-vêtements monastiques qui m’a amusée en premier... assortie à celle des robes et des parasols !
(Bien entendu, loin de moi l’idée de vouloir manquer de respect à ces jeunes moines.)
samedi 30 janvier 2010
Deux semaines à Phnom-Penh
Nous avons inscrit Léo à une maternelle française, Tchou-tchou. Il s’agit d’une part qu’il ne soit pas toute la journée dans nos pattes, et d’autre part qu’il sache qu’il existe une vie en-dehors de la maison et qu’il soit avec d’autres enfants. L’avantage aussi est qu’il est obligé de parler français, puisque personne ne parle chinois.
Il a un peu de mal à se faire comprendre de ses maîtresses, mais il a fait des progrès notables en français, et le chinois n’est plus forcément sa langue automatique quand il s’exprime (ce qu’il fait sans discontinuer). Je suis sûr qu’il apprendra le cambodgien, mais pour l’instant, tout ce qu’il sait dire dans cette langue, c’est « âkun » (merci).
Nous avons loué un petit appartement de deux pièces sur la rive est du fleuve. C’est un appart-hôtel, et le loyer (300 dollars par mois) est relativement modéré, mais le choix n’est pas très judicieux : nous sommes un peu loin de tout (il faut prendre un bac pour se rendre en ville, ou faire un large détour par le pont japonais), et l’éloignement par rapport à l’école du petit monstre fait exploser notre budget transports. Nous chercherons probablement un autre nid une fois le contrat de location en cours (deux mois) arrivé à son terme.
Le lieu où nous habitons a cependant l’avantage d’être situé à une dizaine de minutes à pieds de « Kids Cool », petit parc d’attraction pour les enfants à partir de 18 mois, que Léo a adopté dès sa première visite. Immense toboggan qui atterrit dans un petit bassin dont le garnement a fait sa piscine, petit terrain de foot sur gazon synthétique, mur d’escalade, salles de jeux diverses... Il y a une foule d’animatrices et d’animateurs qui s’occupent des enfants et les parents peuvent se relaxer. Il y a même un accès Internet par wifi ! Dix dollars par enfant pour la journée, gratuit pour les parents accompagnants leurs bambins. Dimanche dernier, après cinq heures de jeux divers et variés, Léo ne voulait toujours pas rentrer à la maison. Nous prévoyons de renouveler l’expérience aujourd’hui.
En attendant la suite de nos aventures, voici une petite photo de l’une des toutes premières créations artistiques dudit petit monstre, réalisée sous la direction d’une animatrice de Kids Cool...
mercredi 20 janvier 2010
Chinoiseries administratives
Emilie, Léo et moi sommes en effet arrivés à Phnom-Penh dimanche dernier, 17 janvier 2010. Notre séjour cambodgien devrait se prolonger jusqu’au 10 avril environ, j’aurai donc l’occasion de vous parler amplement du Cambodge.
Mais avant cela, un petit billet sur les « difficultés » que nous avons eues à faire sortir Léo de Chine.
Léo est né de l’union illégitime de mézigues et d'Emilie, alias Qi Hailan, chinoise de souche, brillant par sa beauté, son intelligence... et son mauvais caractère. Je dis illégitime, car à l’époque où Léo est né, nous n’étions pas encore mariés. Cela signifiait que Léo ne pouvait pas être déclaré à l’état-civil chinois. Cela m’importait peu, puisque de toutes façons je voulais lui faire obtenir un passeport français, ce qui fut fait sans problème en déclarant sa naissance au Consulat général de France à Shanghai. (Les adeptes de l’illégimité en matière matrimoniale doivent cependant se préparer, car la déclaration n’est possible que dans les 30 jours suivant la naissance du bambin, et nécessite la production de documents administratifs divers. Allez voir sur le site du Consulat général de France à Shanghai, vous y trouverez les infos idoines.)
Bref, Léo a obtenu rapidement son passeport français, et Emilie et moi avons finalement temps convolé en justes noces...
Léo a passé un peu plus de deux années insouciantes à Suzhou, à grandir, se forger un caractère, faire des caprices et apprendre : 1. à parler chinois avec maman ; 2. à apprendre le français un peu avec papa, et beaucoup avec les DVD de Tro-tro, de Petit Ours Brun et des Télétubbies (muni d’un passeport français et toujours démuni d’état-civil chinois, puisqu’il n'est pas possible de « rattraper le coup » et de faire inscrire l’enfant à l’état-civil une fois la situation maritale des parents régularisée).
Tout aurait continué à se dérouler dans le flou artistique le plus complet en matière d’état-civil pendant de nombreuses années si nous n’avions décidé de nous rendre au Cambodge, en vue d’une installation possible (prochaine, probable).
Il fallait donc faire sortir Léo de Chine ! Il a bien un passeport français, mais pas de visa d’entrée, donc refoulement certain à l’immigration chinoise. J’appelle mon « copain » de bureau en charge des affaires étrangères au sein de la direction de la sécurité publique (on dirait chez nous, le bureau de étrangers de la préfecture de police, ou quelque chose d’approchant), qui, après avoir entendu l’exposé de notre situation m’explique que, nenni, l’enfant étant né en Chine, et de surcroît de mère chinoise, il est considéré par la loi chinoise comme étant de nationalité chinoise, donc r.à.f de son passport français. Dis en termes plus choisi, son passeport français n’a aucune valeur, les autorités chinoises ne veulent d’ailleurs même pas l’entrevoir. Pour sortir de Chine, il faut lui faire établir le laisser-passer qui lui permettra de quitter l'Empire du Milieu.
Munis de la documentations idoine, nous nous présentons devant la guichetière du bureau de la sécurité publique, qui exige de connaître le nom chinois de l’enfant (« Il est chinois, il a donc un nom chinois, normal, non ? »). Léo est donc derechef baptisé Meng Lei 孟磊.
C’est ce nom qui est porté son laissez-passer, et c’est ce nom qui devra donc être utilisé sur son billet d’avion !
Nous prenons donc un billet aller simple Shanghai-Phnom Penh (TRÈS CHER), demandons pour Léo un visa auprès du Consulat du Royaume du Cambodge à Shanghai, et débarquons à Phnom Penh sans encombres... ou presque, puisque la valise d’Émilie est perdue, mais il ne s’agit là que d’un détail...
jeudi 19 novembre 2009
Cambodge Soir Hebdo : peut mieux faire !
Mais Cambodge Soir Hebdo m’agace, et cela à plusieurs titres :
Tout d'abord, lorsque je suis en Chine, j'essaie souvent d’accéder à la version en ligne du journal, le plus souvent sans succès. Cela dit, la faute n’en revient peut-être pas au journal, mais plutôt à l’Internet chinois. J’ai donc voulu m’abonner à la version électronique, mais mon mail est resté sans réponse, perdu sans doute parmi les milliers de demandes d’abonnement adressées quotidiennement à la rédaction ?
Le prix relativement exhorbitant (10 000 riels, soit 2,5 USD !) du journal est également agaçant. A titre de comparaison, le Phnom Penh Post, premier quotidien en langue étrangère du Cambodge, se vend à 2500 riels, et le Cambodia Daily à 1200 riels, pour des contenus rédactionnels autrement plus étoffés que le CSH !
M’agace aussi l’impression de « déjà vu ». Si l’on excepte un nombre limité d’articles originaux (par exemple un dossier sur les S’aoch, minorité ethnique du Cambodge, dans le numéro 107 du 12 novembre), et quelques articles que je qualifierais de franco-franchouillards (par exemple, dans le même numéro, l’article « Professionnalisme cathodique » consacré à Seng Vimean Rachna, présentatrice de télévision d’une émission bilingue) et dont je me passerais bien, j’ai l’impression de ne lire que des traductions, parfois de piètre qualité d’ailleurs, d’articles déjà parus dans dans la presse anglophone du Cambodge.
Mais surtout, m’agace le manque de professionnalisme de la rédaction : des textes parfois navrants de niaiserie (dans le sous-titre de l’article consacré à Seng Vimean Rachna, je lis « ...cette jeune femme n’a peut-être pas la peau blanchie et n’est pas aussi séduisante que ses consoeurs, mais ses émissions n’en sont pas moins intéressantes. »), des fautes d’othographe et des coquilles qui émaillent les pages de l’hebdo (dans le même numéro, dans un article consacré au Geres, je lis « les revus (revenus) de ce crédit sont ensuite réinvestient (réinvestis) pour le développement futur... », deux fautes dans la même phrase, bravo !) et une syntaxe pour le moins hésitante (encore dans le numéro 107, dans l’article consacré à une zone économique, je lis « le nom de ces possibles investisseurs potentiels... »)...
La presse francophone au Cambodge mérite mieux que ça, scrogneuneu !
dimanche 15 novembre 2009
Cuisine cambodgienne : Les nems !
Jusqu’à il y a peu de temps, je croyais que les nem étaient un mets spécifiquement vietnamiens. Lorsqu’on me parlait de nems, je pensais à ces rouleaux de pâte de riz farcis d’un mélange de viande et de différents légumes, frits, servis avec sauce dans la composition de laquelle entrent, entre autres choses, de la sauce de poisson, des carottes râpées, des arachides écrasées.
J’avais eu un doute il y a plusieurs années, quand un ami vietnamien m’expliquait que pour lui, les nems étaient de petites boulettes de viande compactes, enveloppées dans une feuille.
Aussi ma surprise a-t-elle été grande lorsque j’ai lu, dans le Phnom-Penh Post, quotidien cambodgien en langue anglaise, un article consacré à une petite entreprise de la province de Battambang, produisant des nems vendus dans l’ensemble du Cambodge. La prononciation cambodgienne n’est pas « nem », mais plutôt « naèm » (ណែម). Il s’agit effectivement de boulettes compactes pouvant être fabriquées à partir de diverses chairs (poisson, crevettes, porc, etc.), de forme presque ovoïde, prosaïquement enveloppées dans de petits sachets en plastique fermés à l’aide d’une ligature en fil synthétique.
J'ai eu l’occasion d’acheter des « nems » dans les supermarchés, et dans la rue. L’emballage indique que ces boulettes contiennent : du poisson, du sel, de l’ail, du piment et du galangal. Le piment donne une saveur pimentée prédominante, que l’on adoucit un peu en extrayant le petit morceau de piment généralement placé à la « pointe » de la boulette.
L’article du Phnom Penh Post est disponible ici.
L’article donne à ce « snack » une origine thaïe, à vérifier.
The Great FireWall, GFW
En cherchant sur les réseaux un moyen de contourner la censure du Pouêt-Cot-Cot pour pouvoir lire tranquillement les informations taiwanaises et accéder à mon compte sur Blogger pour mettre à jour mon blog Pascal-en-Asie, je découvre un peu de vocabulaire, qui ne vous servira pas à grand-chose pour ce qui est d’accéder à la liberté électronique, mais qui au moins vous permettra de comprendre un peu mieux à quelle sauce les nternautes chinois, qu’ils soient autochtones ou importés, sont cuisinés...
Un petit mot tout d’abord sur le titre du présent billet. GFW signifie ici, non pas « girl-friend Wendy » (« ma copine Wendy », sigle fantaisiste), ni « Global Fund for Women » (Fonds mondial pour les femmes, vrai sigle), comme pourraient le croire quelques esprits torturés, mais 防火长城 fánghuǒ chángchéng, ou, en anglais dans le texte, « Great FireWall » (d’où le sigle), que l’on pourrait cavalièrement traduire en français « grande muraille pare-feu ». On a là une illustration d’un de ces jeux de mots à la sauce aigre dont raffolent les Chinois. Je m’explique...
En Chine, on traduit le mot « firewall », ou « pare-feu » en français, par le mot trisyllabique 防火墙 fánghuǒqiáng (littéralement : mur 墙 qui protège 防 du feu 火).
Pour ceux dont les notions d’informatique seraient aussi floues que les miennes, j’ai pris de la peine de recopier ici la définition du mot « pare-feu » sur Wikipedia :
Un pare-feu (firewall en anglais), dans le contexte du réseau informatique est une métaphore utilisée pour désigner un logiciel et/ou matériel, qui a pour fonction de faire respecter la politique de sécurité du réseau, celle-ci définissant quels sont les types de communication autorisés ou interdits.
Cette grande-muraille pare-feu est le très officiel organisme chinois, pudiquement appelé « 中国国家网络防火墙 » (zhōngguó guójiā wǎngluò fánghuǒqiáng, littéralement « mur pare-feu pour les réseaux national chinois »), chargé de protéger les pures âmes de la nation chinoise contre les très perfides sites (essentiellement occidentaux, voudraient faire croire les autorités chinoises) qui ont, comme il fallait s’y attendre, ourdi un sombre complot visant à renverser la dictature démocratique du grandiose (伟大 wěidà) et infaillible (正确 zhèngquè, qui signifie plutôt « exact » qu’infaillible) Parti Communiste Chinois (PCC, appelé aussi Pouêt-Cot-Cot par certains impertinents) et à priver la très grande Chine et son très grand peuple de la place de choix qui leur revient dans le monde, aux moyens principalement de la désinformation et de la pornographie. Et ce « mur » est tellement puissant que, par malice, on l’a qualifié non pas de « mur » (« wall » : 墙 qiáng), mais de « grande muraille » (« great wall » disent nos amis anglo-saxons, 长城 chángchéng en chinois). L’image est d’ailleurs assez bien trouvée, puisque la mission première de la Grande Muraille était de protéger l’Empire du Milieu contre les invasions barbares !
À partir de ce néologisme, on a construit des expressions plus ou moins imagées. On dit par exemple, lorsque l’on cherche un moyen de contourner la censure, que l’on veut « faire le mur » (翻墙 fānqiáng) ; certains internautes chinois, qui mériteraient à n’en pas douter l’emprisonnement dans l’une de ces prisons secrètes (dont on a parlé récemment dans ces médias occidentaux qui orchestrent la désinformation systématique contre la Chine) qui d’ailleurs n’existent pas (nous disent les autorités idoines), osent même appeler à « abattre » ou à « renverser » (推倒 tuīdǎo) ce mur.
Mais gageons que le gouvernement chinois, guidé par le grandiose et infaillible Pouêt-Cot-Cot, continuera à oeuvrer pour protéger ses administrés contre les néfastes influences de la civilisation occidentale décadente. Écrions-nous donc ensemble : 中国共产党万岁! (zhōngguó gòngchǎndǎng wànsuì : Vive le Parti Communiste Chinois !, 万岁 wànsuì, littéralement « dix mille ans », étant le voeu d’immortalité que l’on adressait dans le passé à l’Empereur féodal, tout aussi grandiose et infaillible que le Pouêt-Cot-Cot, je vous laisse cogiter sur l'analogie).
27/08/2009 : Shanghai Pudong International Airport : briquets interdits
Il est strictement interdit d’avoir dans ses bagages, qu'il s’agisse des bagages de cabine ou des bagages embarqués, le moindre briquet ou la moindre allumette. Les contrôles sont féroces, et je soupçonne qu’ils sont d’ailleurs probablement automatisés, puisque dès que ma valise passe dans le scanner, une sirène retentit, et l'hôtesse du comptoir d’enregistrement qui s’est occupée de moi et me tend déjà mon boarding pass, rétracte précipitemment le bras au bout duquel se tendait la main tenant ledit boarding pass, et me déclare d’un air tout de même un peu inquiet que l’ouverture de ma valise est nécessaire et doit se faire dans le petit local situé au bout de l’allée, local hébergeant, dans le cadre de ses fonctions, le préposé à la sécurité.
Là, ledit préposé somnolant jette vaguement un coup d'oeil à son écran sur lequel l’emplacement du suspecté briquet était encadré, et m’annonce d’un air blasé :
- Il faut sortir le briquet...
- Mais la Chine est le seul pays qui fait ça, qui interdit de mettre un briquet dans sa valise enregistrée. Dans le bagage de cabine, à la rigueur, je veux bien, mais dans la valise, il n’y a pas de risque, rétorqué-je sans beaucoup de conviction. A chaque fois, à l’arrivée, il faut quémander du feu...
- Je sais, on est les seuls au monde à faire ça, admet le préposé à la sécurité, d’un air tout autant blasé.
Bref, résigné, je sors le briquet (pour être honnête, j’avais prévu le coup, je l’avais mis dans une pochette accessible sans avoir à ouvrir la valise entière).
Je retourne au comptoir et récupère ma fiche d’embarquement.
Encore une (des très, très nombreuses) petites contrariétés qui agacent et qui finissent par gâcher la vie des étrangers vivant en Chine (apparemment, les Chinois sont habitués, donc il en faut bien plus que cela pour les agacer).
Bon, je pars pour Bangkok aujourd’hui, pas besoin de mettre de mauvaise humeure pour si peu.
D’autant plus que cette fois, je pars en repérage en vue de notre probable et toute prochaine installation dans la Cité des Anges...
23 mai 2009 - Cuisine hunanaise à Shanghai : Laoxianglou (佬湘楼)
La cuisine hunanaise est connue pour son utilisation immodérée du piment, pour la finesse de ses préparations, pour son éclectisme dans le choix des matières premières, et pour la variété de ses plats. Elle se caractérise par son emploi omniprésent de l’huile, par la beauté de ses spécialités, ainsi que par la générosité de ses portions. Cette cuisine aime les saveurs parfumées, aigres-pimentées et les viandes moelleuses. Il s’agit aussi d’une cuisine où les saveurs paysannes sont dominantes.
La province du Hunan est celle qui a vu naître le grand timonier, le président Mao, qui était grand consommateur de piments.
L’amie journaliste m’avait en particulier recommandé la spécialité de « grenouille taureau » (en chinois 牛蛙 niúwā, connue encore sous le nom de ouaouaron, ou Rana catesbeiana), c’est donc la version en « casserole sèche » (干锅牛蛙 gānguō niúwā) que je commandai en premier. Ayant préparé cette excursion gastronomique avant de venir, je savais que bon nombre d’internautes conseillaient divers plats, dont les « petits sautés maison » (家常小炒 jiācháng xiǎochǎo), les vermicelles de riz sautés (炒米粉 chǎo mǐfěn), ou encore le « chou déchiré à la main » (手撕包菜), entre autres.
Etant seul, je dus me résoudre à faire un choix difficile, et j’optai finalement pour un « petit sauté de porc » (小炒肉 xiǎochǎoròu) et le « chou déchiré à la main ». Le tout arrosé d’une demi-bouteille (250 ml) d’alcool blanc pour le plaisir, et d’une cannette de soda pour apaiser la morsure des piments que je prévoyais agressifs.
La « grenouille taureau en casserole sèche » me parut bien humide, mais la chair était d’un moelleux étonnant. Le petit sauté de porc, présenté dans un grand bol et constitué essentiellement de petits piments verts émincés et de lamelles de porc, n’avait rien à envier, du point de vue de l’agressivité des piments, à la grenouille. Quant au « chou déchiré à la main », composé de chou découpé de façon irrégulière et sauté avec une abondance inquiétante de piments rouges séchés, il se révéla finalement être le moins chaud des trois plats, et si je devais recommander cet établissement pour un seul plat, ce serait celui-là.
J’avoue sans honte avoir vidé la casserole de grenouille, le grand bol de sauté de porc et l’assiette de chou d’à peu près la totalité de leurs contenus respectifs, en n’oubliant pas de les accompagner de deux (minuscules, il est vrai) bols de riz. Je regrette seulement d’avoir été seul. Un nombre plus important de convives aurait permis de goûter à d’autres spécialités. Mais ce n’est que partie remise.
Le tout, alcool et soda compris, me coûta tout de même la bagatelle de 156 yuan (16 euros environ), ce qui est classe le Laoxianglou parmi les restaurants onéreux.
Restaurant : Laoxianglou
Cuisine : Hunanaise
Adresse : No. 630, Xietu Rd., Luwan District (près de la Dapu Road), Shanghai
Téléphone : (021) 63020437
19 mai 2009 - Restos : Wudi Renjia (吴地人家), cuisine de Suzhou
Le Wudi Renjia (吴地人家 wúdì rénjiā) en revanche ne bénéficie pas de ces avantages, et doit pour séduire ses clients s’appuyer sur des qualités réelles.
Wudi Renjia est une chaîne de six restaurants dont quatre sont ouverts à Suzhou, un à Shanghai, et un à Pékin (les adresses sont données au dos de la carte de visite, voir l'image ci-dessous). C’est ma douce et belle Emilie qui avait entendu parler de ce restaurant. Comme nous voulions aller dîner dans l’un des endroits à la mode de la zone industrielle de Suzhou (SIP), la « digue de maître Li » (李公堤 lǐgōngdí), c’est vers la succursale du Wudi Renjia établie en ces lieux que, en fin de semaine dernière, se sont dirigés nos pas.
La gastronomie suzhoulaise est connue pour sa finesse, et pour l’emploi peu modéré du sucre dans presque tous ses plats, y compris dans les plats de viande. C’est ainsi que les palais occidentaux peuvent parfois être surpris, par exemple, par la douceur inattendue de la version suzhoulaise du porc en sauce rouge (红烧肉 hóngshāoròu) ou des petits choux chinois sautés (炒青菜 chǎo qīngcài).
La cuisine du Wudi Renjia perpétue cette tradition dans son interprétation de l’un des plats phares de la gastronomie locale : le « porc cerise » (樱桃肉 yīngtáoròu), qui est en fait un carré de poitrine de porc, lentement cuit en terrine, désossé après cuisson, et dénommé ainsi à cause de la couleur rouge prise par la peau et par le quadrillage qui est fait avant cuisson sur la peau et qui produit au final une apparence de cerises dressées en rang sur le carré de porc. Ne vous laissez donc pas tromper par le nom du plat : la recette ne contient pas la moindre parcelle de cerise. Un regret cependant : sachant que la préparation de ce plat nécessite deux à trois heures et que vous pouvez le commander sans préavis, on vous servira forcément une version réchauffée.
Parmi les plats dégustés, mérite aussi une mention particulière une entrée froide de champignons noirs, à la saveur épicée. Il ne s’agit plus là vraiment de cuisine locale, mais plutôt d’un sacrifice à la mode actuelle de la restauration chinoise, où l’influence de la cuisine sichuanaise et de ses saveurs épicées est omniprésente.
Le service est quant à lui impeccable.
Le repas pour trois personnes, boissons comprises (bière et eau minérale), ne nous a coûté que l’équivalent d’un peu moins de 30 euros. C’est donc tout à fait raisonnable.
15 novembre 2009 : Censure en Chine... c’est pas fini !
Le gouvernement chinois ferme les yeux sur beaucoup (trop) de choses (inégalités sociales, pauvreté, scandales médicaux, scolarité illégalement payante, système de santé scandaleusement élitiste, spoliations des terres des paysans, corruption, prostitution...), mais il y a des sujets sur lesquels le Pouêt-Cot-Cot ne cède pas un pouce de terrain : le trafic de drogue (ce qui est une bonne chose, bien sûr !), Taiwan, le Tibet et les velléités d’autonomie (voire d’indépendance) des minorités ethniques en général, la direction unique et incontestable (comprenez qui ne peut et ne doit pas être contestée) du Parti... et la liberté d’expression.
Bref, pour pouvoir continuer à divaguer sur Pascal-en-Asie, je suis obligé d’attendre d’être de l’autre côté de la « Grande Muraille Pare-feu » (防火长城 fánghuǒ chángchéng), la très officielle barrière technologique grâce à laquelle le gouvernement chinois empêche la consultation par toutes les personnes se trouvant sur son territoire des sites qui sont dangereux pour l’ordre public, ou pornographiques... Pascal-en-Asie n’entre bien sûr dans aucune de ces catégories (?), mais comme j’ai eu la mauvaise idée de choisir Blogspot comme support et que Blogspot doit héberger des blogs qui ne sont pas du goût des autoriés chinoises, il m’est impossible d’accéder à ma plate-forme lorsque je suis chez moi à Suzhou.
Mais trêve de bavardages : je suis au Cambodge en ce moment, et c’est de Phnom-Penh que je mettrai en ligne la suite de mes aventures.
vendredi 28 août 2009
Fin de la censure en Chine !
Eh bien détrompez-vous !
Blogger, mais aussi Youtube, Facebook.... restent inaccessibles à partir de la Chine (par les voies normales, s’entend).
Si vous lisez ce message aujourd’hui, c’est que je suis arrivé hier soir à Bangkok.Suite des mes aventures dans les jours qui viennent...
mercredi 27 mai 2009
Lien utile - Southeast Asie - Europe Blog
Je vous invite à la découvrir à l'adresse suivante : http://brunokermarec.over-blog.com/
Bonne lecture !
dimanche 17 mai 2009
Censure chinoise
Il semblerait que ce soit une tentative (bien futile, me semble-t-il) du gouvernement chinois de taire ceux qui voudraient, à l’étranger, commémorer le trentième anniversaire de la répression dans un bain de sang du mouvement des étudiants chinois pour la démocratie.
C’est ridicule, malvenu, maladroit, inadmissible, représentatif de l’état de la démocratie dans l’un des pays les plus puissants du monde, liberticide...
Bref, je ne suis pas content, mais alors pas du tout !
Cela dit, ayant une notion assez correcte de l’influence de mon humeur et de mes desiderata sur le cours de la politique intérieure chinoise (influence qui donne une idée assez précise du zéro absolu), je ne peux que prendre mon mal en patience.
Le présent billet a été posté par le biais d’un serveur d’accès anonyme au web, www.ninjacloack.com.
Je continue à rédiger mes billets, et je les mettrai en ligne lorsque blogspot sera à nouveau accessible.
En attendant, je vous invite à suivre une partie de mes aventures sur www.sinogastronomie.com/WP (pour ce qui est de mes aventures gastronomiques) et sur www.sinoiseries.com/WP (pour ce qui est de mes aventures sino-linguistiques).
mercredi 13 mai 2009
Cuisine libanaise à Bangkok
Quelle drôle d’idée que celle d'aller à Bangkok manger de la cuisine libanaise, me direz-vous peut-être. La cuisine thaïe est tellement succulente ! A vrai dire, l’idée n’était pas de moi, mais de Gérard, le Français avec lequel je venais discuter affaires. Installé en Thaïlande depuis plusieurs années, il a parfois envie de changer de goûts, même si la cuisine thaïe est loin de lui déplaire, aussi est-il pardonnable.
Le Nadimo’s est un nouveau restaurant, ouvert il y a à peine quelques semaines, mais il bénéficie déjà d’une étonnante popularité. Lorsque nous sommes arrivés, la salle du rez-de-chaussée était bondée, et le propriétaire, libanais comme il se doit, dut se résoudre à nous installer à l’étage. Gérard étant comme moi un peu novice en matière de gastronomie libanaise, nous demandons à notre hôte de composer le menu.
Le temps de déguster deux ou trois verres d’arak (apéritif libanais anisé, proche de l’ouzo grec), et nous voyons arriver sur notre table une kyrielle de plats : assortiment d’entrées froides (mezza), tabouli, feuilles de vigne farcies... Arrive aussi une bol d’hommos frais, qui réjouit mes papilles, ainsi qu’une série de brochettes (kabab) cuites à point. Se détachent du lot des brochettes de blanc de poulet. Je ne suis pas amateur de cette portion du volatile, car je la trouve en général assez sèche et peu goûteuse. Mais là, le tendresse, le jus, la saveur des cubes de blanc enfilés sur la tige métallique me surprennent et me séduisent. Le tout accompagné de galettes de pain libanais, que nos « grosses mains invitent à revenir en plus », chanterait Brel.
Lors de mon prochain séjour dans la capitale thaïe, le Nadimo’s sera sans nul doute l’un des lieux de perditition où je renoncerai une fois de plus à perdre du poids !
lundi 11 mai 2009
Suzhou : Times Square
Premier week-end, et première escapade : Times Square, dans le nouveau quartier à l’est du lac Jinjihu, dans le « Suzhou Industrial Park » (SIP, 苏州工业园区 sūzhōu gōngyè yuánqū).
Si l’on veut se rendre compte à quel point la Chine change et se modernise, il suffit de sortir de la vieille ville de Suzhou pour aller se perdre dans le dédale de rues de ce SIP. Alors que la vieille ville garde des airs vieillots, des rues étroites, des bâtiments qui ne dépassent pas les quatre étages, de préférence à l’architecture traditionnelle (murs blancs et toits en tuiles noires ou grises), le nouveau quartier développé de Suzhou est constellé de bâtiments d’habitation dont certains ont plusieurs dizaines d’étages, de centre commerciaux gigantesques, de tours de bureaux, de routes rectilignes à quatre voire six voies, de tunnels et de ponts.
La transformation s’est faite à une vitesse incroyable. A mon arrivée à Suzhou en janvier 2000, le SIP n’était qu’une zone en friche, sans bâtiment ou presque. Les rizières miroitaient à perte de vue. Tout s’est construit en quelques années, et les chantiers qui continuent à déposer leurs strates de béton se succèdent à vitesse V. Pour qui observe l’activité immobilière de la zone, il semblerait que la Chine n’ait été aucunement touchée par la crise financière mondiale.
« Times Square » (圆融广场 yuánróng guǎngchǎng) est l’un des nouveaux lieux à la mode à l’est du lac Jinjihu (金鸡湖 jīnjīhú). Il s’agit en fait d’un grand centre commercial, dont le prétexte est un grand magasin dans lequel se côtoient les plus grandes marques internationales. Les restaurants, cafés, glaciers et autres sont innombrables. Le centre commercial est éclaté en plusieurs bâtiments, qui se répartissent de part et d’autre d’un canal, chevauché par des ponts piétons en bois. La promenade est agréable. Aucun véhicule ne vient gêner les déambulations du quidam.
C’est Emilie qui avait choisi cette destination : elle y était déjà allée avec une amie, et y avait découvert une gigantesque salle de jeux adaptée aux jeunes enfants. Notre petit Léo, 20 mois à peine, a investi les lieux et nous avons eu toutes les peines du monde à l’en faire sortir.
La prochaine fois, j’amènerai mon ordinateur portable, et pendant que Léo fera des plongeons dans la piscine à boules de plastique, je vous raconterai la suite de mes aventures en sirotant un café glacé à la vanille à la terrasse du Costa Coffee, les pieds dans l’eau.
jeudi 7 mai 2009
Bangkok : Nana et Cowboy
samedi 2 mai 2009
Hot Chic, Suzhou
Il est situé en plein coeur du quartier montant de Suzhou, le Suzhou Industrial Park, ou SIP, pour les intimes.
Patrick Zhao, le patron, est taïwanais, et propose à sa clientèle un éventail assez conséquent de plats de son pays natal. Quand on voit que l’endroit semble être devenu la cantine des expats de l’autre côté du détroit de Taïwan, on est en droit de penser que la cuisine qui est servie ici a un minimum d’authenticité.
Parmi les plats hyper-traditionnels de Taïwan servis ici, citons le « poulet aux trois verres » (三杯鸡 sānbēijī), le « petit sauté à la hakkanaise » (客家小炒 kèjiā xiǎocháo), ou encore le « riz au ragoût de porc hâché » (卤肉饭 lǔròufàn). Je me suis également régalé du sauté de boeuf aux broccolis ou du sauté de poulet aux noix de cajou.
Et si vous êtes un amoureux de la bière, vous pourrez également y déguster une cannette ou deux de la célébrissime Taiwan Beer (台湾啤酒 táiwān píjiǔ), au sujet de laquelle les expats perdus à Taipei ou Kaoshiung ne tarissent pas d’éloges.
Certes, les amateurs de cuisine taïwanaise pourront trouver que les mets proposés ici font parfois un peu pâle figure par rapport à ce que l’on peut déguster dans les petits restaurants de Formose (c’est le cas du « petit sauté à la hakkanaise » qui m’a semblé assez décevant), mais faute de grives...
Nom : Hot Chic (红火时尚台式料理)
Adresse : no. 8,. Jinjihu Road, SIP, Suzhou
Cuisine : Taïwanaise
Cabbages and Condoms, Bangkok
Le Cabbage and Condoms est le restaurant qui est cité dans tous les guides. Sa plus grande originalité ? Sa décoration est constituée en grande partie de préservatifs (en anglais « condoms », d’où le nom du restaurant) de toutes les couleurs.
Il s’agit encore d’un restaurant tenu par une ONG en mal de financement et de publicité. Il s’agit de la Population & Community Development Association, qui, me dit mon Lonely Planet, « popularisa l’usage du préservatif en Thaïlande ».
La nourriture y est excellente. J’y ai dégusté une « crèpe » thaïlandaise, du poulet frit. On conseille également le tôm khàa kài (soupe de poulet à la noix de coco).
Si vous êtes à Bangkok en-dehors de la saison des pluies, je vous conseille vivement de vous installer dans la cour, en plein air, mais pas trop près tout de même de l’orchestre.
La note est assez salée, même très salée si l’on compare avec les échoppes que l’on trouve partout dans les rues.
Pour en savoir plus sur cet établissement, allez voir son site web.
Nom : Cabbages and Condoms
Adresse : 10 Soi 12, Sukhumvit, Bangkok
Cuisine : Thaïlandaise
vendredi 1 mai 2009
Zen (采蝶轩), Suzhou
Présenté par ses clients chinois comme un restaurant cantonais de luxe, il s’agit en réalité d’une chaîne de restauration hongkongaise, qui a implanté des restaurants dans de nombreuses villes chinoises.
La carte est relativement chère (il faut compter une quinzaine d’euros par personne), mais pour le déjeuner, vous pouvez commander des dim-sum, pour avoir au final une note raisonnable.
Parmi mes plats préférés : la salade de crevettes au radis blanc émincé, la gorge de porc rôtie, les gonades d’oursin aux vermicelles de konjac, les crevettes sautées aux noix de cajou, le canard rôti, le porc sauce aigre-douce, le riz sauté au blanc d’oeufs et aux pétoncles...
À Suzhou, le restaurant est situé dans la Suzhou Industrial Park, au numéro 108 de la Xinghanjie. Téléphone : 0512-67634567
Imprimez l’image ci-dessous et donnez-la à votre chauffeur de taxi :